L’ingénieur forestier Edo Ndonda Nkosi a encouragé les agriculteurs de Kinshasa à privilégier dans leurs travaux champêtres l’utilisation des engrais naturels en lieu et place des engrais chimiques. Il a fait cette recommandation en marge d’une formation organisée par le Centre d’information et de documentation sur le climat (Cidoc) sur l’agriculture intelligente, du 13 au 14 août au Centre agroécologique Liziba, à Ndjili-Brasserie, dans la commune urbano-rurale de la Nsele.
«Je recommande aux agriculteurs d’utiliser les engrais naturels (le compost, les feuilles des plantes, les fientes, déchets d’animaux…), en lieu et place des engrais chimiques. Les engrais naturels n’ont pas d’impact sur la santé des êtres huamains», a recommandé l’Ir Edo Ndonda.
Tout en fustigeant l’utilisation des engrais chimiques, l’expert a évoqué à travers quelques effets nocifs démontrant la dangerosité de ces produits. «Quand vous utilisez les engrais chimiques, vous êtes en train de détruire l’environnement. En même temps, vous appauvrissez le sol que vous utilisez pour vos cultures et vous détruisez la santé de la population qui consomme les produits issus de ce sol. En définitive, vous causez du tort à cette population que vous croyez aider», a-t-il averti.
Pas facile d’inverser la tendance
L’ingénieur Edo Ndonda a admis, néanmoins, qu’il n’était pas facile de changer des habitudes ancrées depuis plusieurs années dans le chef des agriculteurs, habitués à utiliser les engrais chimiques dans leur production agricole.
«Ce n’est pas facile d’abandonner de façon brusque l’utilisation des engrais chimiques, au profit de engrais naturels. Mais, c’est possible. On ne peut pas non plus leur imposer les engrais naturels. Ils peuvent y arriver de manière progressive à changer leurs habitudes. Notre rôle consiste aussi à sensibiliser cette catégorie de la population à ce sujet. Nous avons le devoir de former et sensibiliser. Il faut une forte sensibilisation des agriculteurs à l’utilisation de moins en moins des engrais chimiques et de plus en plus d’engrais naturels jusqu’à renverser la tendance», a-t-il indiqué.
L’expert a aussi condamné ce qu’il qualifie de paresse dans le chef des agriculteurs, dans la recherche et l’utilisation du compost naturel. «Les engrais chimiques sont faciles à trouver sur le marché. Et, à force de les utiliser, les cultivateurs ont développé une paresse qui ne leur permet plus d’aller chercher des feuilles d’autres plantes à associer à leurs cultures pour les utiliser comme fertilisants naturels. C’est pourquoi, je leur conseille d’appliquer l’agro-foresterie, par exemple. Une technique qui consiste à associer d’autres végétations à la culture qu’ils pratiquent. Ainsi, lorsque les feuilles des plantes associées tombent à proximité de leurs cultures, les agriculteurs peuvent les récupérer directement« .
A l’ère et à l’heure du changement climatique, l’utilisation des engrais naturels trouve toute sa pertinence, dans la mesure où l’objectif ultime étant de développer une agriculture qui protège l’environnement.
ANT
