Le Parc Marin des mangroves situé à Muanda dans la province du Kongo-Central se trouve dans un état de dégradation critique et fait face à une spoliation d’une partie de ses hectares de terrain. C’est le constat fait par la ministre l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du Climat, Marie Nyange, au cours d’une visite d’inspection effectué dans cette province en début de semaine. Et pourtant ce parc est sous statut de zone protégée.
« Les mangroves, c’est un écosystème spécial, unique. Leur destruction va priver la République d’une richesse en biodiversité incommensurable », a déploré la ministre Marie Nyange.
Les investigations menées auprès des populations locales notamment celles du village Lemvo révèlent une réalité complexe. À la suite de leur délocalisation liée aux aménagements du port en eau profonde de Banana, ces communautés se sont vues attribuer un espace de subsistance. Pour répondre à un déficit d’équipements publics, ces populations ont entrepris de déboiser certaines zones afin de bâtir des infrastructures socio-économiques de base.
Toutefois, le constat de terrain dépasse le cadre strict du développement communautaire. De larges portions du parc auraient été accaparées par des acteurs privés sous couvert des concessions villageoises.
Un sanctuaire unique de biodiversité
Afin de démêler les droits d’usage légitimes des actes d’usurpation foncière, la professeure Marie Nyange Ndambo a décidé d’engager une démarche méthodique. L’analyse des titres d’octroi pour définir avec exactitude la superficie initiale de l’espace de survie accordé aux populations ; le croisement des données géospatiales actuelles avec les cartes historiques du parc pour identifier précisément les périmètres spoliés ; et le lancement d’un programme de reboisement et de restauration écologique sur l’ensemble des terres qui seront réintégrées dans le domaine public de l’État.
La cheffe de l’environnement a promis des mesures juridiques et administratives fermes à l’encontre des auteurs d’occupations illégales, une fois l’évaluation technique finalisée. « Quoi qu’il en soit, les gens qui ont occupé les mangroves après la création du Parc Marin des Mangroves sont dans l’illégalité. Et l’État va trancher », a tonné la ministre.
D’une superficie de 768 km², le Parc Marin des mangroves est un sanctuaire unique du genre en République Démocratique du Congo. Créé le 02 mai 1992 et reconnu site Ramsar en 1996, le Parc joue un rôle vital dans la régulation climatique et le maintien de la biodiversité marine. L’écosystème sert notamment de zone de reproduction stratégique pour de nombreuses espèces halieutiques. Sa destruction progressive fait peser une menace directe sur le capital naturel du pays.
MTB
