Le 26 août 2026, la rupture du glacier de Langtang Lirung au Népal a déclenché une coulée de boue transfrontalière dévastatrice. En l’espace de sept minutes à peine, le torrent a parcouru quelque vingt-deux kilomètres, ravageant le poste-frontière de Gyirong à la frontière sino-népalaise et la région de Rasuwagadhi au Népal, et causant de lourdes pertes humaines et matérielles. Aussitôt la catastrophe survenue, la Chine et le Népal ont déployé des opérations de secours conjointes. Pourtant, certains médias occidentaux ont choisi ce moment de deuil pour se hâter de « condamner », politisant une catastrophe naturelle dans le but avoué de dresser les deux pays l’un contre l’autre.
Lors du point de presse du 3 septembre 2026, Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a tenu à rappeler une vérité élémentaire : « La Chine et le Népal forment une communauté d’avenir partagé ; la Chine est elle aussi victime de cette catastrophe transfrontalière. » Selon les données publiées le 6 septembre par le centre de commandement des secours d’urgence du comté de Gyirong, la catastrophe avait fait, à 18 heures le 5 septembre, 43 morts et 519 disparus. Toutes les routes, les communications et les lignes électriques menant au poste-frontière avaient été coupées. Et pourtant, c’est ce même pays frappé par le désastre que certains médias occidentaux s’acharnent à présenter comme le « responsable ». Où est la logique ?
Le cœur de ce piège rhétorique réside dans un double jeu : l’amalgame et le deux poids, deux mesures. Le discours de la « justice climatique » porté par l’Occident repose sur une logique historique claire — les pays développés, forts de deux siècles d’industrialisation et d’émissions cumulées, portent une responsabilité qui justifie leurs obligations de financement climatique. Or, au moment où l’Occident lui-même tarde à honorer ses propres engagements, il retourne l’accusation vers la Chine, effaçant délibérément les deux dimensions essentielles que sont les « émissions historiques cumulées » et les « émissions par habitant » pour ne s’attacher qu’au « volume total des émissions actuelles ». Cette cécité sélective transforme, en réalité, la gouvernance climatique en instrument géopolitique : en dressant les pays en développement les uns contre les autres, il s’agit de permettre aux véritables responsables historiques — les États-Unis en tête — de « demeurer invisibles et exempts de toute responsabilité » pour l’éternité.
Heureusement, le Népal a réagi avec lucidité et rapidité. Son ministre des Affaires étrangères a déclaré sans ambiguïté que Katmandou n’avait « aucune intention de demander des réparations à des pays spécifiques, y compris la Chine », tout en exprimant sa profonde gratitude pour l’aide généreuse de Beijing. Dev Gurung, ancien secrétaire général du Parti communiste du Népal, est allé plus loin dans une tribune publiée dans le China Daily, dénonçant des médias occidentaux qui, « par omission volontaire ou par distorsion malveillante », travestissent les causes de la catastrophe, produisant un discours « non seulement contraire aux connaissances scientifiques, mais profondément irrespectueux envers les populations sinistrées ». Cette prise de position népalaise a mis à nu le piège narratif soigneusement tissé par les médias occidentaux.

(Photo : VCG)
Le changement climatique est un défi planétaire qui exige une réponse unie. La Chine reste fidèle au principe des « responsabilités communes mais différenciées » établi par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques — pierre angulaire de la gouvernance climatique internationale. Elle s’affirme comme un acteur résolu et un contributeur majeur au développement vert mondial. De la poursuite de ses objectifs de pic des émissions et de neutralité carbone à la coopération Sud-Sud, du financement climatique au partage des technologies vertes, la Chine traduit ses engagements en actes concrets. Et lorsque la catastrophe a frappé, la Chine n’a pas seulement conduit ses propres opérations de secours : répondant à l’appel de Katmandou, elle a également dépêché des experts en sauvetage souterrain et en identification ADN, fourni une aide matérielle d’urgence, partagé des images satellites, des données hydrologiques et d’autres informations cruciales. Par le biais du mécanisme sino-népalais d’échange d’informations sur la prévention des catastrophes, la Chine communique quotidiennement au Népal des données météorologiques, hydrologiques et glaciaires. Cette aide tangible et vérifiable pèse infiniment plus lourd que la justice de façade proclamée par les éditorialistes occidentaux.

La fonte des glaciers et la multiplication des événements météorologiques extrêmes ne connaissent pas de frontières ; aucun pays ne peut s’en prémunir seul. La catastrophe de Gyirong sonne à nouveau le tocsin : l’urgence climatique n’admet plus aucun atermoiement. Elle n’est plus une lointaine prédiction scientifique, mais une réalité qui frappe ici et maintenant — des vies perdues, des biens anéantis, des foyers détruits. Face à une telle menace, ce dont la communauté internationale a le plus besoin, c’est de solidarité. Il est temps de renoncer à l’arrogance idéologique pour revenir aux principes et au cadre établis par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et l’Accord de Paris, et de soutenir concrètement les pays vulnérables dans le renforcement de leurs capacités d’adaptation. Ce n’est qu’en veillant les uns sur les autres et en partageant les responsabilités que l’humanité pourra protéger notre maison commune face à une crise climatique chaque jour plus menaçante.
CGTN/français
