Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo misent sur le nouveau plan de riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola souche Bundibugyo. Ce nouveau plan prévu pour un délai de 180 jours, évaluée à près de 1,2 milliard de dollars, vise à contrôler l’épidémie en impliquant davantage les acteurs locaux dans la surveillance de l’épidémie.
Ce nouveau plan a été présenté aux professionnels des médias, hier jeudi 10 septembre, au cours d’une conférence de presse. Le professeur Christian Ngandu, coordonnateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), a expliqué que le nouveau dispositif prévoit de renforcer les interventions jusqu’au niveau des aires de santé et des villages, avec l’implication des chefs de villages, des notables, des agents de santé communautaires et des relais communautaires.
Selon l’intervenant, cette organisation doit permettre d’identifier plus rapidement les personnes malades encore présentes dans les communautés et de faciliter leur orientation vers les structures de prise en charge. Les villages doivent également être catégorisés en fonction de leur niveau de risque afin d’adapter les interventions.
L’approche vise notamment à consolider la confiance entre les populations et les équipes de riposte, après les difficultés observées au début de l’épidémie, lorsque certains patients évitaient encore les structures de soins et que la méfiance compliquait le travail des équipes sanitaires.
Renforcement durable du système de santé
Le directeur du COUSP a fait savoir que le nouveau plan de réponse, présenté comme un plan de deuxième génération, intervient après une première phase dont le coût était estimé à environ 242 millions de dollars américains. « Ce financement doit permettre de couvrir plusieurs axes d’intervention, tout en renforçant les capacités du système de santé. L’objectif est notamment de ne pas laisser les acquis de la riposte disparaître une fois l’épidémie maîtrisée », a souligné l’orateur.
Le dispositif prévoit ainsi des investissements dans les infrastructures, les équipements et les capacités locales, afin que la réponse à Ebola contribue également au renforcement durable du système de santé. Pas que. Le nouveau plan repose également sur une approche multisectorielle, considérée comme essentielle pour répondre aux différents facteurs qui peuvent influencer la propagation de la maladie.
Plusieurs secteurs appelés à contribuer à la riposte
Plusieurs secteurs sont ainsi appelés à contribuer à la riposte, notamment la santé, les affaires humanitaires, la communication, la sécurité et les transports, avec une attention particulière au transport fluvial. L’élevage, la pêche et l’environnement figurent également parmi les secteurs concernés.
La prise en charge des patients a également évolué, avec le recours, pour les personnes éligibles, aux anticorps monoclonaux et aux antiviraux, notamment le remdesivir. La vaccination des personnels exposés et des personnes en contact avec les cas confirmés constitue également l’un des volets de la riposte.
L’ambition des autorités sanitaires ne se limite donc pas à mettre fin à la MVE17. Il s’agit également de préserver les capacités, les compétences et les mécanismes développés durant la réponse, afin qu’ils puissent continuer à bénéficier au système de santé congolais au-delà de l’épidémie.
MTB
