Dans un contexte de concurrence accrue entre puissances pour l’accès aux marchés, aux ressources stratégiques et aux soutiens diplomatiques au sein des organisations internationales, l’Allemagne installera le 30 juin à Hambourg (nord) une Commission Nord-Sud pour la politique de développement (ENSK), chargée d’élaborer des recommandations destinées à renforcer la coopération au développement avec les pays du « Sud global ». A travers cette instance, Berlin exprime sa volonté à renforcer ses liens avec les Etats d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
La création de cette instance a été approuvée par le gouvernement allemand. Elle sera officiellement lancée à l’occasion de la troisième Conférence de Hambourg sur la durabilité (Hamburg Sustainability Conference, HSC), prévue les 29 et 30 juin. « L’ordre mondial évolue vers des centres de pouvoir plus multipolaires. Si l’Allemagne veut continuer à façonner l’avenir au niveau mondial, nous avons besoin de partenariats stables avec les pays du Sud global », a déclaré la ministre fédérale de la Coopération économique et du Développement, Reem Alabali-Radovan.
La commission sera coprésidée par l’ancien chancelier allemand Olaf Scholz et l’ancienne présidente du Costa Rica, Laura Chinchilla. Selon le gouvernement allemand, l’ENSK vise à intensifier les relations avec les pays du Sud global et à les développer au sein d’un réseau mondial, à favoriser l’élaboration de réponses communes aux défis mondiaux, à renforcer le multilatéralisme et à promouvoir de nouvelles formes de coopération internationale.
Contribuer à l’élaboration de réponses communes
Composée d’une vingtaine de membres issus du monde politique, scientifique, économique, syndical et de la société civile, ainsi que d’organisations internationales du Nord et du Sud global, la commission travaillera de manière indépendante, selon Berlin. Le gouvernement allemand indique que les représentants du Nord et du Sud participeront conjointement à la définition de l’ordre du jour et à la prise de décision.
La commission devra également contribuer à l’élaboration de réponses communes aux défis du développement en s’appuyant sur l’Agenda 2030 des Nations unies, tout en formulant des recommandations pour le cadre international appelé à lui succéder après 2030. Ses travaux devront alimenter les processus de réforme internationaux et fournir des orientations pour l’évolution future de la politique allemande de développement.
Des consultations régionales en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe accompagneront les réunions de la commission. Des instituts de recherche et des groupes de réflexion seront également associés à ses travaux. Selon Berlin, l’ENSK remettra ses conclusions avant la fin de la 21e législature allemande, prévue en 2029.
MTB
