Le mercredi 22 juillet 2026, la mission archéologique égyptienne affiliée au Conseil suprême des antiquités, travaillant à la nécropole de Tell Qweisna dans le gouvernorat de Menoufia, a annoncé la découverte d’une nouvelle unité funéraire, ainsi qu’un ensemble de découvertes archéologiques importantes qui éclairent les pratiques funéraires et les interactions culturelles et commerciales pendant la Basse Époque et la période gréco-romaine, dans le cadre des travaux de fouilles scientifiques en cours sur le site.
M. Sherif Fathy, ministre du Tourisme et des Antiquités, a affirmé que cette découverte témoigne de l’importance scientifique et archéologique du cimetière de Tell Qweisna, l’un des plus importants cimetières individuels de la région centrale du delta, soulignant que sa valeur réside non seulement dans la diversité des vestiges archéologiques découverts, mais aussi dans les nouvelles informations qu’il apporte, contribuant à la compréhension des pratiques funéraires et des interactions culturelles et économiques de cette période, et permettant ainsi de reconstituer un tableau plus complet de la vie religieuse et économique des habitants de la région.
Pour sa part, le Dr Hisham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, a expliqué que l’ensemble funéraire découvert se caractérise par un plan architectural organisé : il se compose d’une salle principale reliée à plusieurs pièces dotées d’entrées voûtées. Les vestiges archéologiques indiquent que ces pièces possédaient des plafonds voûtés, et leurs entrées sont encore visibles, ce qui permet de reconstituer le plan architectural d’origine de l’ensemble funéraire.
Il a ajouté que les fouilles ont également permis de découvrir plusieurs sépultures humaines en position osirienne et présentant différents degrés de conservation, ainsi qu’une remarquable collection d’objets archéologiques liés aux rites funéraires, ce qui constitue un apport scientifique important à la compréhension des croyances religieuses et des méthodes funéraires en vigueur à cette époque.
Il a noté que la mission avait trouvé dans l’une des chambres deux grands groupes de 560 statues Oushabti en faïence, de formes et de tailles différentes, dans le style osirien traditionnel, tandis que certaines d’entre elles portaient des textes cités du Livre des Morts.
Le professeur Mohamed Abdel-Badi, chef du secteur des antiquités égyptiennes au Conseil suprême des antiquités, a expliqué que la mission avait également mis au jour une collection d’amulettes de protection en pierres semi-précieuses, dont l’amulette du doigt, l’Œil d’Horus et le nœud d’Isis, ainsi que des amulettes représentant un certain nombre de divinités de l’Égypte antique, toutes associées aux notions de protection, de force et de résurrection dans les croyances de l’Égypte antique.
Il a ajouté que les fouilles ont également permis de découvrir divers récipients en poterie, notamment des assiettes et des bols de différentes tailles, ainsi qu’un récipient en poterie contenant des restes de matériaux probablement utilisés pour la momification ou des rituels funéraires liés à l’inhumation, en plus de deux lampes en poterie.
Dans le même contexte, le Dr Hisham Hussein, directeur de l’Administration centrale des antiquités de Basse-Égypte, a expliqué que la mission avait trouvé de grandes quantités de perles de faïence bleues et vertes, qui faisaient probablement partie d’un filet ou d’une couverture funéraire pour l’une des sépultures à l’intérieur de l’unité funéraire.
Pour sa part, la professeure Nermin El-Morsi, chef de la mission, a expliqué que les fouilles avaient également révélé des exemples de poterie importée de l’île de Rhodes, notamment un fragment d’anse de vase portant le nom de son fabricant, ce qui constitue une preuve matérielle de l’existence de relations commerciales actives entre l’Égypte et la région du bassin méditerranéen durant la Basse Époque et la période gréco-romaine, et témoigne de l’ouverture du site aux réseaux commerciaux régionaux à cette époque.
Elle a ajouté que les fouilles et les premiers travaux de documentation ont permis de mettre au jour plusieurs phénomènes funéraires inhabituels dans la nécropole de Qweisna, qui font actuellement l’objet d’études scientifiques. Parmi les plus importants figurent la découverte de plaques de poterie placées sous les bras d’une personne inhumée en position osirienne, et d’une autre plaque entre les cuisses. Certains de ces récipients contenaient des restes de matériaux probablement liés aux rituels funéraires, ce qui constitue un apport scientifique majeur à la compréhension des pratiques funéraires en vigueur sur le site à cette époque.
Le cimetière de Tell Qweisna est l’un des plus importants cimetières individuels de la région centrale du delta du Nil. Découvert en 1991, il comprend plusieurs unités funéraires datant de différentes périodes historiques, ce qui en fait l’un des sites archéologiques les plus importants pour l’étude de l’évolution des pratiques funéraires, des croyances et des rituels funéraires dans le delta du Nil à travers les âges.
Source : Ministère du Tourisme et des Antiquités
