La réunion de coordination stratégique multisectorielle tenue, à Kinshasa, lundi 21 septembre, a permis de faire le point sur l’évolution des principales menaces épidémiques à travers le pays, notamment la maladie à virus Ebola, le choléra, la rougeole et la Mpox. À la 38ᵉ semaine épidémiologique, la situation de la maladie à virus Ebola fait état d’environ 7 650 cas, dont plus de 3 600 décès, soit une létalité estimée à 48,2 %. Plus de 1 900 personnes ont guéri, tandis que le suivi des contacts se situe autour de 79,2 %.
Sept provinces et 62 zones de santé restent concernées par l’épidémie. La réunion a également accordé une attention particulière aux provinces en phase de préparation, notamment Kinshasa, le Nord-Ubangi et le Maniema. L’objectif est de renforcer leur accompagnement afin de garantir la disponibilité des dispositifs nécessaires à une réponse rapide en cas d’apparition de nouveaux cas, ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre de leurs plans provinciaux de préparation et de réponse.
Sur le terrain, la tendance épidémiologique demeure contrastée. En Ituri, une baisse des cas est observée, tandis que le Nord-Kivu connaît encore une tendance à la hausse. Les équipes poursuivent leurs interventions et renforcent leur appui aux équipes provinciales afin d’inverser cette tendance.
Au cours de la réunion, l’accent a été mis sur la nécessité de maintenir une mobilisation équitable dans l’ensemble des provinces affectées. Le Directeur général de l’INSP Dr Mwamba Kazadi Dieudonné qui a présidé la réunion, a insisté sur le fait qu’aucune province ne doit être laissée de côté, chaque zone touchée devant bénéficier de l’attention et des appuis nécessaires à la riposte.
Légère extension du choléra dans certaines provinces
La rencontre a enfin permis de consolider le suivi des autres principales menaces épidémiques, notamment le choléra, la rougeole et la Mpox, dans le cadre d’une approche multisectorielle visant à renforcer l’anticipation, la préparation et la réponse aux urgences sanitaires sur l’ensemble du territoire national.
L’épidémie de choléra connait une extension géographique. En cette 38è semaine cinq provinces ont notifié des cas, parmi lesquelles le Lualaba, le Tanganyika, le Kasaï-Oriental et la Mongala. Cette dispersion des foyers suscite une attention particulière des autorités sanitaires et des partenaires engagés dans la lutte contre la maladie.
Face à cette situation, les équipes de santé plaident pour une intensification des interventions dans les provinces touchées, notamment à travers le renforcement de la surveillance épidémiologique, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et la prise en charge rapide des malades. La sensibilisation des communautés demeure également essentielle pour favoriser le recours précoce aux soins et limiter la propagation du choléra.
Une vaccination réactive est par ailleurs recommandée dans les provinces endémiques, qui continuent d’enregistrer le plus grand nombre de cas. Cette stratégie vise à protéger rapidement les populations exposées et à réduire le risque de transmission dans les zones où la maladie persiste.
Les autorités sanitaires sont ainsi appelées à maintenir une coordination étroite entre les différents secteurs afin d’anticiper l’apparition de nouveaux foyers et de renforcer la réponse dans les provinces déjà affectées.
MTB
