ARCHIVE - L’analyse estime que les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires des réformes de gouvernance, mais des actrices centrales de la transformation politique. Photo: ONU Femmes/Photo de presse/dpa
Une analyse récente intitulée « Femmes, pouvoir et nouveau paysage de gouvernance en Afrique de l’Ouest et du Centre », révèle qu’en Afrique de l’Ouest et du Centre, le coût élevé des campagnes électorales, le traitement médiatique genré, les violences politiques et des systèmes partisans restrictifs figurent parmi les principaux obstacles freinant l’accès des femmes au pouvoir.
L’auteur de l’étude, Maxime Houinato, directeur régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, s’est appuyé sur des données régionales, des études de cas comparatives et un examen des politiques publiques. Le texte replace le leadership féminin dans une perspective historique et institutionnelle. Il souligne que la construction de l’État aux périodes coloniale et postcoloniale a institutionnalisé l’exclusion des femmes, éclipsant des traditions précoloniales où elles exerçaient une autorité reconnue. La participation politique des femmes constitue ainsi, selon l’analyse, une force transformatrice susceptible de remodeler la gouvernance dans la région.
Avancées et disparités
Selon DPA d’où est tiré l’article, le document met en évidence à la fois des avancées et des disparités persistantes : si le Sénégal a adopté des lois sur la parité ayant sensiblement accru la représentation féminine au Parlement, le Nigeria continue d’afficher parmi les taux les plus faibles au monde. L’étude insiste sur le rôle des mécanismes juridiques, tels que les quotas et les sièges réservés, et compare les réformes menées au Bénin et au Sénégal pour illustrer différentes trajectoires vers une inclusion accrue.
Elle examine également les dynamiques du pouvoir exécutif, notamment en République démocratique du Congo, où les engagements constitutionnels en faveur de l’égalité coexistent avec des obstacles structurels persistants.
En conclusion, l’analyse estime que les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires des réformes de gouvernance, mais des actrices centrales de la transformation politique. Un progrès durable, souligne-t-elle, suppose de dépasser le simple décompte des élues pour engager une redistribution effective du pouvoir, à travers une refonte institutionnelle, une réforme du financement politique, le renforcement du leadership féminin et une évolution des normes sociales en Afrique de l’Ouest et du Centre.
MTB
