L’ambassade d’Espagne organise, du mercredi 6 au jeudi 7 mai, un atelier intitulé « Journalisme et violence à l’égard des femmes ». Il a pour objectif de partager avec les professionnels de médias congolais, l’expérience de l’Espagne dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes.
Pour l’ambassadrice d’Espagne, Carmen Diez Orejas, ce moment de partage avec les journalistes est un appel à la sensibilisation aux violences faites aux femmes. « Il est essentiel de continuer à sensibiliser les femmes, les jeunes filles aux violences à leur égard et vous les professionnels de médias vous êtes les canaux par lequel passer pour bien diffuser des messages de sensibilisation. Car au-delà des traditions, des lois, il faut travailler sur le changement des mentalités. Une fois que les médias font de la discrimination des femmes un cheval de bataille, la population finit par changer de mentalité, de comportement envers les femmes ».
Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, qui a procédé au lancement de cet atelier, a affirmé que les compétences n’ont pas de sexe et que les femmes ont les mêmes capacités que les hommes. « Bien qu’il existe encore des défis dans les questions liées au genre, la RDC ne cesse de faire des progrès pour les surmonter. La gratuité de l’enseignement est l’un des exemples qui marque cette volonté du gouvernement congolais, parce qu’elle permet aux filles d’être scolariser. Il y a toujours de l’espace pour l’amélioration des conditions de la femme en RDC et les médias jouent un rôle majeur dans cette lutte face aux violences à l’égard des femmes ».
Dans son intervention, Carolina Pecharroman, journaliste de RTVE, chaine nationale espagnole, a échangé avec l’assistance l’évolution du traitement dans les médias des violences à l’égard des femmes en Espagne. Elle a, cité quatre cas de violence qui ont poussé la population, le gouvernement et les médias à réagir. « Avant on justifiait l’agresseur et rejetait la faute sur la femme. Le cas d’une femme, mère de huit enfants, battu par son mari pendant quarante ans et qui l’a brulé vive a suscité l’émotion au sein de la population. Le cas de trois jeunes filles violées et assassiner a également créer un choc en Espagne », a indiqué la journaliste.
Donner la parole aux experts femmes
Sur base de ces cas on a compris la violence à l’égard des femmes, a-t-elle soutenu. Les femmes ne sont pas coupables, elles sont des victimes et nous en tant que média nous devons dénoncer cette violence et ses auteurs. « Nous avons une responsabilité déontologique face à ces cas de violence ». Bien qu’aujourd’hui l’Espagne a adopté des lois, mais le changement de mentalité est vraiment essentiel et les médias ont un rôle de premier plan pour y parvenir, a fait savoir la professionnelle des médias. « Et dans le traitement de l’information les journalistes sont appelés à traiter de manière égal les hommes et les femmes. Parce que à ce jour, la parole est plus donnée à l’homme qu’au femme. Nous devons veiller à ce que l’image de la femme soit valablement représenté », a recommandé Carolina Pecharroman.
Christian Bosembe, président du CSAC, a dans son intervention, déploré les différents cas de violence auquel les femmes sont confrontées qui selon lui tire sa source de l’éducation, des traditions etc. « Il est donc primordial de deconstruire ces traditions, stereotypes pour changer les mentalités. Faire comprendre aux enfants qu’ils sont égaux » a déclaré l’orateur. Et de souligner « les hommes courageux encadrent leurs femmes, mais les hommes faibles écrasent les femmes ».
MTB
