L’atelier de renforcement des capacités dédié aux journalistes africains portant sur les relations Afrique-Chine à l’ère des recompositions géopolitiques mondiales, a débuté hier mardi 24 mars à Dakar au Sénégal. Les participants pourront, au cours de ces trois jours de formation, bénéficié des panels des éminents intervenants mais également des moments d’échange dans des groupes de travail.
A l’ouverture de l’atelier, le professeur Cherif Salif Sy, économiste-politiste, directeur du Forum du Tiers-monde, a partagé avec les participants son intervention axé sur le diagnostic géopolitique et enjeux stratégiques des relations Afrique-chine sur un monde en mutation. Il a rappelé la manière dont la Chine a commencé son développement et s’est ouvert au monde. Et le modèle chinois s’est posé comme une alternative au paradigme post-colonial pour les pays africains.
En effet, la Chine n’ayant jamais colonisé d’autres pays a soutenu l’Afrique dans sa lutte de l’antiimpérialisme à travers le traité de Bandung une relation profonde entre l’Afrique et l’Asie est née. Des nations libres de toute tutelle politique, militaire et économique entre deux blocs. Au fil des années, le partenariat sino-africain a muté, de l’idéologie antiimpérialiste au pragmatisme transactionnel. Dans cette relation de partenariat, la Chine se rapproche de l’Afrique avec le Forum sur la coopération sino-africaine (Focac), qui donne lieu a un commerce bilatéral. Un commerce de plus au moins 348 milliards de dollars en 2025 mais un déficit de 102 milliards de dollars.
Dans sa présentation, l’intervenant a fait savoir que le modèle chinois est axé sur différents points. La Chine fonctionne de manière centralisée, elle réussit à planifier le développement industriel à long terme et n’impose pas une prospérité avec des conditions. « La Chine offre un paradigme alternatif au dogme libéral, sans être un modèle à copier » explique le professeur Cherif Salif.
Il a également relevé que les Brics et le mBridge élargissent les marges monétaires africaines face au système dollar. Ce qui apporte des mécanismes alternatifs renforçant l’autonomie des Etats africains face à la coercition financière. Et permet des transactions transfrontalières en monnaie locales. Aujourd’hui, avec la transition énergétique, l’Afrique se doit une vigilance accrue sur les contrats miniers statégiques.
Dans cette logique, les africains adoptent des positions, en durcissant des cadres juridiques miniers, la révision des contrats historiques, exigence de contenu local renforcé, fermeté face aux opérateurs étrangers. Et pour des productions pertinentes et un meilleur rendu du partenariat Afrique-Chine, le journaliste d’investigation est appelé à exposer les non-dits des accords miniers, vérifier les transferts de technologies, garantir les bénéfices aux communautés, croiser registres publics et données EximBank.
Organisé par l’E-jicom, du 24 au 26 mars, en partenariat avec l’université de Witswatesrand, cet atelier a pour objectif de contribuer à l’amélioration de la qualité du traitement médiatique des relations Afro-chinoises.
MTB
