Face aux difficultés liées au financement climatique auxquelles sont confrontés les pays de l’Afrique centrale et ce malgré le rôle prépondérant du bassin du Congo dans la régulation du climat, le Réseau des Parlementaires pour la Gestion Durable des Écosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPAR) a lancé, ce mardi 22 septembre, à Yaoundé, la Conférence parlementaire sur la science, la gouvernance environnementale et la finance climatique en Afrique Centrale. Cette rencontre vise à faire des données scientifiques de l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale (OFAC), et des analyses de la recherche un véritable instrument d’action législative, de budgétisation environnementale et de contrôle de l’action publique.
Organisée en en collaboration avec l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale (OFAC), de la COMIFAC, de Landscape Alliance (CIFOR-ICRAF) et le soutien financier de l’Union européenne à travers le projet OFAC-CE, cet événement majeur rassemble des parlementaires de toute la sous-région, des ministres, des banques de développement, des scientifiques et des partenaires techniques et financiers. Ensemble, les participants tableront sur des constats au niveau de la sous-région, notamment, l’insuffisance des mécanismes internationaux de finance climatique en raison de contraintes institutionnelles, législatives et d’un déficit d’ingénierie financière environnementale. La non opérationnalité de la taxe environnementale de la CEEAC et la part consacrée à l’environnement dans les budgets nationaux demeure résiduelle.
Lors de con discours d’ouverture, le représentant de la COMIFAC a souligné que « Ces orientations consacrent l’OFAC comme un centre d’excellence et une référence mondiale pour la gouvernance des données scientifiques sur les forêts et l’écosystème d’Afrique Centrale. Le défi est désormais de renforcer le dialogue entre la science et la politique afin que les données répondent aux priorités de la sous-région et se traduisent en décisions, en lois, en budgets et en actions concrètes. »
Tout en rappelant l’impératif pour les élus d’exercer pleinement leurs leviers constitutionnels, « par le vote des lois et des budgets, par le contrôle de l’action publique et par la diplomatie parlementaire, vous pouvez contribuer à traduire les engagements régionaux en réalisations tangibles. »
Cadrage budgétaire, cadre législatif et Appel de Belém
Représentant l’Honorable Président de l’Assemblée Nationale du Cameroun, l’Honorable Hilarion Etong, Vice-Président de la Chambre, a insisté sur l’urgence d’une réponse structurelle,
« la finance climatique constitue à cet égard un enjeu majeur pour nos États. Il nous faut donc renforcer nos capacités nationales, améliorer la préparation des projets crédibles et bancables, mieux valoriser les données dont nous disposons et consolider la coopération entre les institutions. La préservation du Bassin du Congo appelle une responsabilité partagée et une coopération renforcée entre nos pays et la communauté internationale. Vive le Bassin du Congo, patrimoine naturel partagé et bien commun de l’humanité ! »
Vernissage officiel du rapport sur l’État des Forêts d’Afrique Centrale (EDF 2025)
Au terme des trois jours de travaux articulés autour des lois climat-carbone, des marchés carbones, de la justice climatique et de l’harmonisation législative sous-régionale, les participants adopteront, par ailleurs, une Feuille de Route Parlementaire Régionale pour intégrer systématiquement les preuves scientifiques dans les processus législatifs et budgétaires. Une Déclaration finale du REPAR sur le suivi des engagements financiers internationaux, notamment liés à l’Appel de Belém pour les forêts du Bassin du Congo. Ils adopteront aussi, une orientation vers des directives sous-régionales encadrant le marché du carbone et le climat.
La conférence a été marqué également par un événement majeur, le vernissage officiel du rapport sur l’État des Forêts d’Afrique Centrale (EDF 2025) et l’annonce du lancement de l’édition classique EDF 2026.
Créé en 2009, le REPAR constitue la plateforme réseau des parlementaires dédiée à la gouvernance forestière et environnementale. A travers cette conférence, l’organisation entend embarquer les législateurs de la sous-région dans une démarche basée sur la science afin de doter le bassin du Congo des outils capable de gérer durablement ses ressources naturelles et attirer des financement accrus en faveur de la biodiversité et des communautés qui en dépendent.
MTB
