La République démocratique du Congo participe au Global Knowledge Forum à Singapour. La ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), Marie Nyange Ndambo, a au cours dudit forum partagé la vision claire et pragmatique de son pays dit « pays-solution » face à la convergence progressive des marchés volontaires, réglementaires et internationaux des crédits carbones.
« Notre pays considère que les mécanismes carbones peuvent constituer des leviers puissants de mobilisation des financements climatiques à grande échelle, à condition qu’ils reposent sur des principes clairs d’intégrité environnementale, de transparence, d’équité et de souveraineté nationale », a déclaré la ministre.
Pour la RDC, tout projet de crédit carbone doit impérativement s’aligner sur la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) et générer des bénéfices tangibles notamment, la conservation de la biodiversité par la protection des forêts tropicales et la restauration des paysages dégradés, le progrès social à travers la réduction de la pauvreté, la création d’emplois verts et le développement des communautés locales et des peuples autochtones et le respect de la souveraineté de l’État sur la gestion de ses ressources naturelles.
L’ARMCA : Le pilier institutionnel de la gouvernance congolaise
Pour concrétiser cette ambition, la RDC passe à l’action en engageant des réformes sectorielles profondes. La création de l’Autorité de Régulation du Marché Carbone (ARMCA), adossée à une feuille de route opérationnelle claire, constitue un jalon historique.
Cette institution nationale a pour mission de garantir la transparence, la traçabilité et l’intégrité environnementale des initiatives carbone menées sur le territoire national. L’ARMCA veille également au strict respect des sauvegardes sociales et à la conformité des projets avec les engagements climatiques du pays, offrant ainsi un cadre sécurisé et crédible pour les partenaires internationaux.
A la question de savoir pourquoi l’écart persiste entre le potentiel forestier de la RDC et sa participation effective aux marchés, Marie Nyange, a fait savoir que grâce à une décennie de préparation technique et institutionnelle menée en collaboration avec la Banque Mondiale, ce travail rigoureux commence à porter ses fruits, notamment à travers des initiatives ciblées. « À court terme, il y a la valorisation des crédits carbone excédentaires immédiatement disponibles du Programme de Réduction des Émissions (PRE) Mai-Ndombe. Et à moyen terme, le déploiement de projets d’envergure nationale à l’instar du programme Couloir Vert et du PIFORES », a renseigné la représentante du gouvernement congolais.
Redistribution équitablement les dividendes aux populations locales
Le point d’orgue de l’intervention de la Ministre est resté centré sur l’économie du marché. Constatant l’insuffisance historique des prix sur le marché volontaire face aux coûts d’opportunité liés à la déforestation, elle a exprimé sa confiance envers la nouvelle génération de méthodologies et l’activation de l’Article 6 de l’Accord de Paris.
La RDC conditionne son engagement à long terme à l’obtention de prix justes. Seule cette garantie permettra d’absorber l’effort administratif, d’atténuer efficacement les émissions de gaz à effet de serre (GES) et de redistribuer équitablement les dividendes aux populations locales.
Le gouvernement congolais à travers, la ministre de l’Environnement, a exhorté la communauté internationale à rompre avec la spéculation et à instaurer un dialogue mondial basé sur la confiance et l’équité. Les pays du Sud Global ont un besoin impératif d’accès aux technologies, au financement et au renforcement des capacités afin de transformer leur statut de « pays-solution » en un moteur de prospérité nationale durable.
MTB
