L’ambassade d’Espagne à Kinshasa a organisé, mercredi 23 juillet, la présentation du court-métrage intitulé « Semillas de Kivu ». Réalisé par Nestor Lopez, ce documentaire parle de la violence sexuelle liée aux conflits à l’est de la République démocratique du Congo, et a remporté le prix Goya 2025 du meilleure court métrage documentaire du Cinéma espagnol. Le réalisateur n’en est pas à son premier court métrage sur la RDC.
L’ambassadrice d’Espagne en poste en RDC, María Del Carmen Diez Orejas a, dans sa prise de parole, indiqué que ce film rend hommage aux femmes. « La parole leur est donnée afin d’exprimer leurs sentiments, raconter leurs histoires, une manière pour elle d’enlever la carapace qu’elles portent car elles ont droit à la vie. Une histoire des femmes marquées par la souffrance mais qui veulent vivre » a commenté l’ambassadrice avant le début de projection du court-métrage.
Expliquant les raisons qui l’ont poussé à réaliser ce film, Nestor Lopez a fait savoir qu’il a été touché par ce que vive les femmes de cette partie du pays. « Ce film relate l’histoire des femmes résilientes face aux violences qu’elles ont subies. Elles gardent espoir et plantent dans leur cœur l’amour pour ne pas haïr mais plutôt aimer leurs enfants issus de viol. Semillas signifie silence, c’est un silence face à ces grossesses non désirées, à ces enfants qui naissent et à la réponse d’amour de ces femmes pour élever ses enfants et ce malgré la douleur. Le film montre la capacité de ces dernières à surmonter les épreuves ».
Changer de mentalité, de comportement, éduquer
A l’occasion de cette projection, des moments d’échanges se sont également déroulés autour de cette thématique des violences sexuelles. La ministre du genre à fait savoir pour que mettre fin à ce cycle de violence, il est impératif que la paix revienne à l’est du pays. « Il est difficile pour ces femmes de se reconstruire cependant au-delà de la souffrance, il y a de l’espoir en chacune d’elles. Elles rêvent d’un avenir meilleur, de vivre dans la joie et être heureuse. Il est vrai qu’il y a beaucoup à faire, cependant les parents doivent déjà apprendre aux enfants la non-violence vis-à-vis de leurs rapports dans la société ».
Activiste des droits de la femme, Julienne Lusenge, a également rebondit sur la place des hommes dans la lutte contre les violences sexuelles. « Ils doivent s’en approprier » a souligné l’activiste. « Les hommes sont concernés par la lutte contre les violences parce que certains d’entre eux les commettent » assure l’activiste. Parfois, cette violence provient des scènes vécues en famille, sur ce point, elle a appuyé par des exemples ses dires. « Des parents qui se battent devant les enfants ou se ne respectent pas devant leurs progénitures, ces derniers peuvent les copier une fois adulte les reproduisent. D’où le besoin de transmettre aux enfants des valeurs tels que le respect. Nous devons changer nos comportements et donner le bon exemple aux enfants. Les éduquer de tel enseigne que dès le bas âge, le respect entre les filles et les garçons soit de mise. Et que la sexualité ne soit pas un sujet tabou au sein des familles »
Un travail de sensibilisation doit également être fait au niveau de la population pour mieux connaitre les textes qui régissent les cas de viol, estime Anny Modi, autre activiste intervenant lors de ces échanges. « La traduction dans les langues nationales est nécessaire pour atteindre un grand nombre de personnes. Les victimes d’abus sexuelles doivent en parler, se faire accompagner bien que cela ne soit pas facile. La plupart se renferme sur elle-même or, il faut briser le silence en dénonçant tout acte de violence puisque parfois ces actes se font au sein des familles ».
