Les relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et l’Afrique datent de longtemps et ont évolué au cours des années. L’histoire de l’évolution de ces relations a été au centre des échanges de la deuxième journée de l’atelier de formation de renforcement des capacités dédié aux journalistes africains portant sur les relations Afrique-Chine à l’ère des recompositions géopolitiques mondiales. Une connaissance du sujet essentiel pour un narratif plus constructif des professionnels des médias dans le rendu des relations Afrique-Chine. Dans le cadre de positionnement géopolitique les relations entre la Chine et l’Afrique ont connu des moments forts et moins intenses.
L’intervenant du jour, le Dr Ibrahima Diang, a dans sa présentation rappelé la genèse des relations entre l’Afrique et la Chine. « L’avènement des communistes va insuffler un nouveau départ aux relations sino-africaines articulées sur une visée idéologique et une volonté farouche de freiner l’avancée des deux blocs sur le continent africain ; d’où la nouvelle voie articulée sur l’idéologie du tiers-mondisme matérialisée par de vastes programmes d’aide et de coopération ».
C’est à Bandung que le pacte sino-africain sera scellé, a indiqué l’orateur, sous la bannière du mouvement des non-alignés représentant à cette période 29 pays d’Afrique et d’Asie. La Chine va prendre la défense des peuples africains contre l’impérialisme et le colonialisme à cette occasion par la voie de son représentant, le Premier ministre Zhou Enlai. Le soutien chinois au continent africain se décline en trois parties : soutien financier aux nouveaux pays indépendants et aux mouvements nationalistes visites officielles entre les autorités, c’était une manière aussi pour la Chine de tisser sa toile de reconnaissance diplomatique sur la scène africaine.
Le commerce prime sur l’aide
Ibrahima Diang a, par ailleurs, souligné que c’est durant l’étape ghanéenne que les principes fondateurs des relations sino-africaines furent prononcés. C’est ainsi que les relations sino-africaines vont être établies sur la base de ces huit principes fondamentaux : égalité entre les partenaires, bénéfices mutuels, respect de la souveraineté, utilisation de dons et de prêts sans intérêts, renforcement du bénéficiaire, respect des obligations, offre des meilleurs équipements fabriqués en Chine, mêmes conditions de vie pour les coopérants chinois que celles des populations locales.
Dans son exposé, l’intervenant, a également relevé la réforme d’ouverture de la Chine au monde. Vers 1978, sous Deng Xiaoping, la Chine revoit son modèle de partenariat avec l’Afrique. Le temps du commerce va primer sur celui de l’aide. Le pays aborde la « réforme et l’ouverture », avec les « Quatre Modernisations », la Chine se transforme en puissance économique mondiale. La puissance globale du pays s’est renforcée jour après jour, les conditions de vie se sont améliorées, et le rôle de la Chine sur la scène internationale a pris une importance croissante.
L’Empire du Milieu va accélérer la cadence du rythme de ses relations avec le continent à partir des années 2000. C’est une décennie qui aura été celle de la matérialisation effective des jalons posés dans le cadre de la coopération sino-africaine, après une période durant laquelle tout était à reprendre dans la politique africaine de la Chine. Le moment était venu, pour la Chine vite de sortir de la rhétorique révolutionnaire et idéologique dans ses relations avec le continent pour passer par une coopération normalisée et rationalisée. Pour cela, Elle va initier un forum triennal pour servir de cadre de rencontres et d’échanges dénommé Forum de Coopération Chine-Afrique (FOCAC).
Les différentes réunions du Focac vont servir de cadre d’action pour la Chine dans les différents plans élaborés pour l’Afrique. Avec le projet initié par le président chinois Xi Jinping « La Ceinture et la Route » des centaines de « méga-projets » financés par Pékin ont aussi vu le jour en Afrique où ils suscitent l’optimisme des populations mais aussi parfois le scepticisme.
MTB
