De plus en plus de voix se lève pour demander des enquêtes et l’organisation de procès dans l’affaire de l’attaque du parc de l’Upemba. Ce, afin de mettre fin à l’impunité qui gangrène la protection de la biodiversité en République Démocratique du Congo. Cette attaque n’est pas un cas isolé. En effet, au cours des deux dernières décennies, plus de 200 agents de conservation ont perdu la vie dans les différentes aires protégées de la RDC (Virunga, Kahuzi-Biega, RFO, etc.) sans que des enquêtes sérieuses ou des procès n’aboutissent, rapportent des organisations de défense de l’environnement.
Le Parc National de l’Upemba a été le théâtre d’une agression sauvage, dans la nuit du 3 mars dernier. Des hommes armés non encore identifiés ont pris d’assaut le Quartier Général, laissant derrière eux un paysage de désolation : sept agents abattus, des disparus et le pillage systématique des équipements du parc.
Parmi les victimes, des organisations de défense de l’environnement ont identifié des cadres et des agents dévoués, dont Subira Bonhomme (chargé de programme), le Dr Ruth Osodu (vétérinaire) et les écogardes Jean Claude Tchimanga Shambuyi et Benjamin Kilolo Beya. « Ce sont de véritables défenseurs de la nature tués du fait de leur travail dont l’humanité tout entière a besoin », déplorent ces organisations.
Pour ces derniers, le gouvernement devrait prendre apporter des solutions idoines face à cette insécurité dans les airs protégés, alors que la RDC ambitionne d’être un « pays solution » face à la crise climatique, ceux qui sont en première ligne pour protéger ce patrimoine mondial travaillent au péril de leur vie, sans protection juridique ou sécuritaire adaptée.
L’exigence d’une réponse institutionnelle ferme
Devant la gravité des faits, les organisations ont formulé plusieurs demandes urgentes, à savoir : l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes pour identifier et arrêter les auteurs et complices. L’organisation d’un procès public et équitable afin de rendre justice aux familles des victimes. Une réforme des politiques de protection incluant l’usage de nouvelles technologies et le déploiement effectif des brigades du CorPPN dans les aires protégées.
Par ailleurs, selon ces associations, l’absence de réaction judiciaire forte ne ferait qu’encourager la répétition de ces actes criminels. L’heure est désormais à l’action pour que le sacrifice de ces défenseurs de l’environnement ne soit pas vain et que la loi sur la conservation de la nature soit enfin respectée.
MTB
