Les affrontements s’intensifient au Nord-Kivu, particulièrement dans la région de Bambo, située dans le territoire de Rutshuru. Médecins Sans Frontières (MSF), l’une des seules organisations médicales internationales présentes sur place, appelle à une mobilisation urgente pour protéger les civils et répondre à leurs besoins essentiels.
Depuis la recrudescence des combats au mois de mai dernier, l’hôpital général de référence de Bambo, soutenu par MSF, fait face à un afflux de blessés, principalement des civils victimes de balles perdues ou d’éclats d’artillerie.
« La majorité des déplacés sont arrivés sans rien, dormant à même le sol, sans moustiquaires ni accès suffisant à l’eau potable, au savon ou à des installations sanitaires adéquates. Les équipes médicales, bien que perturbées par l’insécurité, continuent de prendre en charge les urgences et la malnutrition sévère chez les enfants » peut-on lire dans le communiqué de presse émis par MSF.
« Dans un contexte de ressources limitées, la situation actuelle aggrave la vulnérabilité de tous, déplacés comme résidents. Notre unité de traitement intensif pour les enfants malnutris, d’une capacité de 19 lits, est actuellement occupée à plus de 100%. Nous allons devoir étendre le nombre de lits de cette unité pour faire face àcette augmentation de la malnutrition », explique François Calas, Chef de programmes MSF eau Nord-Kivu.
Risque des cas de choléra, augmentation des cas de violences sexuelles
Les conditions précaires dans les sites de déplacement font craindre l’apparition de nouvelles épidémies, notamment de choléra. Les équipes MSF font également état d’une augmentation du nombre de consultations de prise en charge de victimes de violences sexuelles.
Face à l’urgence, les équipes de MSF distribuent des articles ménagers à plus de 1 000 familles déplacées, mettent en place des dispositifs d’eau et d’assainissement, construisent des latrines et des douches, et renforcent temporairement l’hôpital général de Bambo pour élargir l’accès aux soins. Cependant, les centres de santé sont débordés, la réponse humanitaire demeure insuffisante et MSF ne peut couvrir l’ensemble des besoins.
MSF appelle toutes les parties au conflit à respecter les structures sanitaires et les civils
Depuis la reprise des conflits, plus de 11 050 ménages se sont réfugiés chez des familles d’accueil, tandis que plus de 1 000 familles survivent dans des abris de fortune, des écoles ou des églises transformées en sites d’hébergement informels.
Selon différents témoignages, les personnes déplacées rapportent avoir fui des scènes de violence extrême, des maisons incendiées, des villages bombardés, des pillages et des exactions commises à l’encontre de civils, dont des exécutions sommaires.
MSF appelle toutes les parties au conflit à respecter les structures sanitaires, les acteurs humanitaires, et à garantir la protection des civils. Cette situation est le reflet d’une urgence humanitaire silencieuse qui se poursuit à l’Est de la RDC. Les besoins en abris, nourriture, accès à l’eau, soins médicaux et protection sont énormes. Seule une mobilisation collective permettra d’éviter une catastrophe humanitaire de plus grande ampleur.
