En 2025, dans les provinces du Sud-Kivu et du Maniema, l’équipe de Réponse d’Urgence et Surveillance au Congo (RUSC) de MSF a conduit six opérations d’urgence. Un nombre supérieur à celui enregistré au cours des deux années précédentes. Cette intensification témoigne une nouvelle fois de l’aggravation de la crise humanitaire dans l’est du pays, dans un contexte marqué par le gel et la réduction des financements humanitaires.
Pour l’année qui vient de s’achever l’équipe a effectué trois operations d’urgence suite à des épidémies de rougeole dans le Maniema (Kasongo, Kabambaré) ainsi qu’au Sud-Kivu (Minova). Au total, 75 000 enfants de moins de cinq ans ont été vaccinés et 4 500 malades pris en charge.
Elle a aussi réagi à une épidémie de choléra à Lomera au Sud-Kivu où elle a vacciné 11 000 personnes et soigné 760 personnes atteintes de cette maladie très contagieuse.
L’équipe de Réponse d’Urgence et Surveillance au Congo (RUSC) de MSF est composé d’une vingtaine de personnes capable de se déployer en seulement 72 heures pour répondre à une urgence humanitaire qui vient de se déclarer au sein de la population.
Pour évaluer s’il y a urgence, MSF scrute les indicateurs de santé. Par exemple, en cas d’épidémie de rougeole, elle observe le taux de létalité de la maladie, le nombre de cas et la vitesse de propagation de l’épidémie.
Malgré les défis atteindre les populations dans le besoin
Bien que mobile et ayant les moyens logistiques nécessaires, l’équipe d’urgence a dû s’adapter au contexte de violence. Mettant en avant sa neutralité et son impartialité, elle a lancé des missions d’urgence des deux côtés du conflit. En effet, la préoccupation première est d’accéder aux populations payant le prix des affrontements et d’intervenir aussi bien dans les zones sous contrôle gouvernemental que dans les zones sous contrôle du groupe armé.
« Comme nous avions déjà eu des activités à Bunyakiri en 2022, les groupes armés en présence nous connaissaient. Ils ont accepté de nous faire accéder à la zone pour faire une exploration puis lancer notre opération d’urgence. A ce moment-là, il n’y avait aucun acteur humanitaire sur place à Bunyakiri, nous étions les premiers acteurs à pouvoir venir en aide à la population », poursuit Faustin Bibentyo, Coordinateur médical adjoint de MSF au Sud-Kivu.
A Kabambare, dans le Maniema, le RUSC est parvenu àadministrer aux enfants non seulement trois vaccins contre plusieurs pathologies comme la rougeole, la pneumonie grave, la méningite, la diphtérie, le tétanos mais aussi un quatrième vaccin contre le Roravirus, un virus qui peut causer des gastro-entérites graves chez les enfants. Une première pour MSF au Sud-Kivu.
Renforcement de la couverture vaccinale
« C’est une réussite pour nous, nous devions assurer la chaine logistique du froid entre Kindu etKabambare. Tout a bien fonctionné, cela a permis de renforcer la vaccination de routine des enfants et d’améliorer la couverture vaccinale dans la zone », se félicite Faustin Bibentyo. Une réussite d’autant plus difficile que le Maniema est devenue une des provinces les plus enclavées du pays.
Depuis l’aggravation du conflit dans l’est de la RDC et la fermeture de l’aéroport de Bukavu en février dernier, l’acheminement des médicaments, des vaccins, et du personnel vers cette province est beaucoup plus long, complexe et onéreux.
“Au Sud-Kivu, avec la guerre qui est arrivée, le ministère de la Santé n’assure plus son appui à l’intégralité du système de santé. Certaines zones ne sont donc plus approvisionnées ni en vaccin ni en médicaments, ce qui rend nos interventions d’urgence encore plus nécessaires ”, ajoute Faustin Bibentyo. En 2026, l’équipe d’urgence reste en alerte au Sud-Kivu.
MTB
