Avec l’intensification de la violence au Soudan du Sud, plus de 33 000 réfugiés ont fui vers le nord de la République démocratique du Congo. Pour répondre aux besoins croissants de la population réfugiée, Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une réponse d’urgence en mai dernier. Elle a déployé deux cliniques mobiles et a mis en place six centres de soins communautaires.
Moins de deux mois après le début de l’intervention, plus de 3 000 consultations médicales ont été réalisées, avec une moyenne hebdomadaire de plus de 370 consultations en constante augmentation.
Le paludisme représente plus de la moitié des cas, suivi des infections respiratoires et des gastro-entérites aiguës. MSF dépiste également la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans et prend en charge les cas identifiés avec des aliments thérapeutiques.
« Nous avons également pris en charge plusieurs survivantes de violences sexuelles, dont certaines âgées de seulement 12 ans », a déclaré le Dr Wabingwa.
Des cas de rougeole ont déjà été signalés parmi la communauté réfugiée. Pour réduire le risque d’épidémie, une campagne de vaccination massive, soutenue par MSF, doit débuter en août et ciblera 62.000 enfants. Parallèlement, une autre campagne permettra d’administrer les vaccins de routine à 520 nourrissons et 310 femmes enceintes.
« L’instabilité au Soudan du Sud a interrompu les programmes de vaccination. Quand on fuit pour sauver sa vie, il est difficile de venir à un rendez-vous médical planifié, explique Félicien Lwiteo, coordinateur de projet MSF à Adi. Le risque d’épidémies est réel, et il est crucial d’agir vite. »
Des besoins croissants, un soutien limité
MSF mène également des projets d’infrastructures essentielles : six points de distribution d’eau ainsi que 200 latrines et douches seront mis en place d’ici la mi-août. Par ailleurs, près de 6 000 kits de première nécessité — comprenant moustiquaires, seaux, savons et pots pour enfants — seront distribués aux familles les plus vulnérables.
L’arrivée quotidienne de nouveaux réfugiés en RDC – un pays déjà frappé par sa propre instabilité – met à rude épreuve la capacité de MSF à répondre à des besoins humanitaires en constante augmentation.
« Il y a très peu d’organisations internationales sur place, et aucune n’offre la même gamme de services médicaux que MSF » , alerte Asiyat Magomedova, cheffe de mission MSF dans la région. « Sans soutien supplémentaire, d’autres vies risquent d’être perdues».
« Au Soudan du Sud, la situation reste critique », déclare le Dr Ferdinand Atte, chef de mission MSF dans le pays. « Il est crucial de garantir un accès sûr et sans entrave aux populations dans le besoin, ainsi que d’assurer la protection des civils et des infrastructures civiles, y compris les établissements médicaux, avant que nous puissions envisager de reprendre nos activités. Bien que nous soyons profondément engagés à fournir des soins aux personnes dans le besoin, nous ne pouvons pas maintenir notre personnel dans un environnement dangereux. », conclut-il.
MTB
