L’Institut Congolais de la Conservation de la Nature (ICCN) se félicite de l’opération d’intégration sociale de quatre gorilles femelles récemment réintroduites dans le Mont Tshiaberimu, situé au nord du Parc National des Virunga. Cette intégration réussie s’inscrit dans une stratégie de conservation plus large, alliant surveillance scientifique, implication communautaire et relance écologique dans les forêts du Mont Tshiaberimu.
«Le gorille dos argenté Mwasa, chef du groupe Kipura a montré une attitude très favorable à l’égard de ces gorilles femelles dès leur période de transition. Il s’en est approché, a adopté des comportements typiques d’un mâle dominant et les femelles ont répondu positivement. Depuis leur relâcher, elles ont été intégrées au groupe Kipura», écrit cet établissement public sur son compte X.
Selon le rapport de cette réserve naturelle, les quatre femelles, hébergées plusieurs mois dans un centre de réintroduction, avaient été préparées à la vie sauvage à travers un suivi éthologique et sanitaire rigoureux. Le comportement observé chez Mwasa, frappes au sol, vocalisations puissantes et veille nocturne près de l’enclos avait été perçu comme un indicateur encourageant d’acceptation sociale. En retour, les femelles dormaient près de la clôture, montrant un désir de rapprochement.
Depuis la réintroduction fin novembre 2024, a poursuivi la source, les spécialistes ont confirmé leur rattachement au groupe de Mwasa, ce qui constitue une réussite majeure pour le programme de renforcement des populations sauvages.
Le Mont Tshiaberimu, abrite une population délictuelle de gorilles de Grauer (Gorilla beringei graueri), une sous-espèce endémique et gravement menacée. Le dos argenté Mwasa, identifié en 2010 et devenu dominant en 2017, est aujourd’hui une figure centrale de cette population. Sa capacité à fédérer un groupe stable est cruciale pour les dynamiques de reproduction et la survie de l’espèce dans cette zone isolée.
A en croire les experts, les structures sociales des gorilles sont complexes et évolutives. Il est possible que certaines femelles rejoignent à terme le groupe de Kastabara, un autre dos argenté établi dans la région.
La stratégie de réintroduction permet aux espèces menacées ou en voie de disparition, de leur offrir de meilleures chances de survie à long terme. Elle redonne espoir aux défenseurs de la biodiversité congolaise face aux pressions persistantes dans l’est du pays. En effet, la réintroduction d’espèces, ou translocation d’individus dans leur aire de répartition d’origine, est une pratique importante pour la conservation de la biodiversité et le maintien de l’équilibre des écosystèmes. Elle permet de restaurer des équilibres naturels, d’améliorer la survie à long terme d’une espèce, et de lutter contre l’érosion de la biodiversité.
