(Note de l’éditeur : Cet article représente le point de vue de Fyfy Solange Tangamu et pas nécessairement celui de CGTN.)
À l’occasion des 70 ans des relations diplomatiques entre la Chine et l’Égypte, le président chinois Xi Jinping effectue une visite d’État en terre égyptienne. Bien avant son déplacement en Égypte, il a pris part au Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, au Kirghizistan. Fyfy Solange Tangamu, journaliste au Forum des As en République démocratique du Congo (RDC), appréhende le rendez-vous de Bichkek et la place de l’Égypte au sein de l’OCS en tant que partenaire de dialogue.
Selon le point de vue de la journaliste congolaise, Fyfy Solang Tangamu, l’Égypte, de par son positionnement, constitue une passerelle entre l’Afrique et l’Eurasie. La présence de ce pays d’Afrique du Nord en tant que partenaire de dialogue au sein de l’OCS, après la signature en 2022 d’un mémorandum avec l’organisation, traduit une volonté de l’instance régionale de renforcer ses interactions avec des nations situées au-delà du noyau historique de l’organisation. « Longtemps considérée comme une organisation essentiellement eurasiatique, l’OCS a progressivement élargi son réseau de partenaires au-delà de son espace géographique traditionnel », a-t-elle déclaré. À l’entendre, la position égyptienne lui donne une place propice pour être considérée comme une porte d’entrée stratégique vers l’Afrique et le Moyen-Orient. Au regard également de sa position géographique privilégiée et de son rôle d’acteur régional et international « fiable et influent », et par ailleurs de l’importance du canal de Suez dans le commerce mondial, l’Égypte occupe une place de choix comme facilitateur.
« Le pays, a-t-elle indiqué, entretient des relations étroites avec la Chine, la Russie et l’Inde, pays membres de l’OCS, tout en étant fortement engagé dans les institutions africaines et arabes. Il participe également aux BRICS, ce qui lui donne une présence dans plusieurs mécanismes de coopération du Sud global. Cette situation offre au pays une marge de manœuvre diplomatique particulière. L’Égypte pourrait devenir l’un des principaux points de passage entre l’Eurasie et l’Afrique », a commenté Mme Tangamu.
De son avis, Le Caire peut ainsi dialoguer simultanément avec des acteurs de l’espace eurasiatique et avec les pays africains. « Cette position de l’Égypte, a-t-elle dit, pourrait devenir particulièrement importante à mesure que les pays du Sud cherchent à diversifier leurs partenariats économiques et politiques. Pour l’Afrique, l’intérêt pourrait être considérable si cette ouverture débouche sur des coopérations concrètes dans des secteurs prioritaires : infrastructures, énergie, agriculture, sécurité alimentaire, numérique, sécurité, intelligence artificielle, formation et santé », a détaillé Fyfy Solange Tangamu.
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans des régions comme le Sahel, la Corne de l’Afrique et certaines zones d’Afrique centrale, Fyfy Solange Tangamu a soutenu que l’Égypte pourrait faciliter les échanges auprès de l’OCS, d’autant plus qu’elle accorde une place importante aux questions relatives à l’extrémisme violent et aux menaces transnationales. « Il s’agirait notamment de renforcer la coopération en matière de renseignement, de lutte contre les réseaux criminels transnationaux et de formation », a-t-elle précisé.
Les infrastructures, notamment les ports, les chemins de fer, les zones industrielles et l’énergie, constituent selon la journaliste congolaise un secteur important pour le Sud global et pourraient devenir des domaines de coopération entre entreprises africaines et partenaires de l’espace eurasiatique. « L’intelligence artificielle, les technologies spatiales, les télécommunications et la formation scientifique pourraient constituer des secteurs dans lesquels les échanges entre l’OCS et l’Afrique seraient mutuellement bénéfiques », a affirmé Mme Tangamu.
« Pour l’Afrique, a-t-elle souligné, l’objectif ne devrait toutefois pas être simplement d’attirer davantage de capitaux étrangers, mais de favoriser le transfert de technologies, la création d’emplois et le développement des compétences locales. »
(Photo : VCG)
