Trois principales menaces sanitaires ont été au cœur des échanges, ce lundi 10 août, lors de la tenue d’une réunion de coordination stratégique consacrée aux principales menaces sanitaires en République démocratique du Congo. La rencontre a permis aux autorités sanitaires et leurs partenanires, de faire le point sur l’évolution épidémiologique la maladie à virus Ebola (MVE), le choléra et la rougeole, les capacités de préparation et de riposte, ainsi que les interventions prioritaires à renforcer dans les provinces touchées ou exposées. Les travaux ont été conduits par le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), en présence de plusieurs partenaires techniques et financiers.
Concernant la maladie à virus Ebola, une évolution encourageante a été signalée dans la province du Sud-Kivu, qui est sortie de l’épidémie après avoir enregistré plus de 42 jours sans nouveau cas confirmé.
La vigilance reste toutefois de mise dans l’Ituri, la Tshopo, le Bas-Uélé et le Haut-Uélé, où plusieurs zones de santé restent concernées. Au total, 53 zones de santé sont touchées par la maladie à virus Ebola.
Un autre point important a porté sur la situation d’une embarcation en provenance de la Mongala et arrivée au port de Bande Bende, avec environ 931 personnes à bord. Les échantillons prélevés sur les personnes concernées se sont tous révélés négatifs. Cette situation a néanmoins constitué un exercice grandeur nature ayant permis de tester et de renforcer les capacités de préparation et de réponse au niveau du port. Ces capacités pourront être mobilisées face à d’autres menaces sanitaires éventuelles à Kinshasa.
La vaccination contre Ebola au centre des échanges
La vaccination contre la MVE a également été abordée. Les échanges ont notamment porté sur le vaccin Ervebo, utilisé contre la souche Zaïre du virus Ebola.
Les participants ont souligné l’importance de faire en sorte que les essais cliniques puissent à la fois produire des données et des évidences scientifiques sur la vaccination, notamment dans le contexte de la souche concernée, mais aussi contribuer concrètement à sauver des vies. L’objectif est donc de rechercher un bénéfice dans les deux dimensions : renforcer les connaissances scientifiques tout en apportant une réponse efficace aux populations exposées.
Choléra : une tendance globalement en baisse, mais des foyers persistants
Pour le choléra, les données épidémiologiques présentées au cours de la réunion montrent une situation globalement inférieure à celle enregistrée à la même période de l’année précédente. Le pays compte toutefois un cumul d’environ 37 000 cas, avec une létalité de 1,5 %, concentrés dans 11 provinces.
Certaines provinces restent particulièrement concernées par la notification des cas, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Tanganyika, tandis que des flambées épidémiques sont également rapportées dans le Kwango, l’Équateur et le Kwilu. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les interventions afin de contrôler les différentes flambées encore enregistrées dans ces provinces.
Rougeole la notification des cas est passée de plus de 3 000 à environ 2 400 cas
S’agissant de la rougeole, les données présentées montrent une évolution encourageante. La notification des cas est passée de plus de 3 000 à environ 2 400 cas, traduisant une tendance générale à la baisse. Cette diminution se répercute également dans plusieurs provinces encore confrontées à des épidémies de rougeole. Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, cette évolution constitue un signal encourageant qui doit toutefois s’accompagner d’un renforcement de la surveillance afin de consolider les progrès réalisés.
Vers une vaccination combinée rougeole-rubéole
Les discussions ont également porté sur la préparation de la vaccination bivalente contre la rougeole et la rubéole. Cette campagne devrait contribuer à consolider la tendance actuelle à la baisse et à améliorer davantage la protection des populations. Les participants considèrent cette perspective comme un élément encourageant dans la lutte contre ces deux maladies.
Pour la rougeole comme pour le choléra, les provinces de l’Est de la RDC continuent de notifier une part importante des cas, notamment le Tanganyika, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Face à cette situation, les interventions devront non seulement permettre d’atteindre les populations affectées et vulnérables, mais également renforcer les activités de surveillance, de prévention, de sensibilisation et de prise en charge.
Cette réunion de coordination stratégique traduit ainsi la volonté des autorités sanitaires congolaises et de leurs partenaires de maintenir une surveillance étroite des principales menaces sanitaires, tout en renforçant les capacités de détection précoce, de prise en charge et de riposte.
MTB
