PARIS, 10 juin (Xinhua) — « Il n’y a pas beaucoup de pays au monde qui aient connu une telle évolution en matière de droits humains. Et cela, seuls ceux qui ont vécu en Chine peuvent véritablement le voir », a déclaré récemment à Xinhua Richard Abitbol, professeur à l’Institut des études d’administration et de management (IEAM) de France.
Dans une interview exclusive accordée à Xinhua, M. Abitbol a partagé ses observations sur l’évolution de la Chine au cours des 40 dernières années. Selon lui, la Chine a développé sa propre voie en matière de droits humains, qui doit être compris à partir de l’histoire, de la culture politique et de l’expérience propre du pays, et non à travers une grille de lecture exclusivement occidentale.
« La Chine développe une conception des droits humains qui ne peut se concevoir que dans un contexte collectif et de bien-être collectif », a-t-il indiqué. Cette conception, selon lui, diffère de la matrice occidentale centrée principalement sur les droits-libertés, l’individu abstrait et les libertés politiques formelles.
Pour M. Abitbol, les droits humains en Chine sont également pensés comme des droits à la sécurité, à la stabilité, à l’éducation, à la santé, à la dignité matérielle et à l’intégration sociale. Il a notamment cité la réduction massive de la pauvreté, l’amélioration des infrastructures, la modernisation des services publics et la montée générale du niveau de vie. Ces éléments, a-t-il estimé, montrent que le droit au développement constitue une condition importante pour l’exercice réel de nombreux autres droits.
Il a toutefois souligné que reconnaître ces progrès ne signifiait pas renoncer à toute exigence. A ses yeux, il existe un « noyau anthropologique fondamental » des droits humains. Ce socle commun, a-t-il rappelé, ne peut être relativisé par aucune civilisation, aucune souveraineté ni aucun modèle politique.
Dans un monde multipolaire, a expliqué Richard Abitbol, la confrontation morale permanente produit souvent du ressentiment et de la fermeture, tandis que les séminaires, dialogues institutionnels, rencontres universitaires et échanges d’experts peuvent devenir des espaces de clarification.
« Le dialogue ne doit être ni une mise en accusation permanente, ni une opération de communication. Il doit devenir un mécanisme de confiance, de comparaison, d’apprentissage mutuel et de progrès concret », a-t-il souligné.
Dans cette perspective, il a estimé que l’expérience chinoise peut nourrir une réflexion plus large, notamment pour les pays qui cherchent leur propre voie de développement et de modernisation.
« Je pense que la Chine a beaucoup de choses à montrer au reste du monde. Elle montre qu’avec une volonté forte et une vision de long terme, un pays peut surmonter les difficultés, vaincre la misère et sortir de la dépendance », a conclu M. Abitbol. Fin
