Dans le cadre de sa visite officielle dans la province du Haut-Katanga, la ministre de l’Environnement et Développement durable, et Nouvelle économie du Climat, professeure Marie Nyange Ndombe, a effectué une série de consultations déterminantes à Lubumbashi, ce mercredi 4 février, marquant un tournant décisif dans la lutte contre la pollution, la déforestation et les conflits d’usage des terres.
Elle a, au cours de ces consultations, échangé avec les délégués de la société civile environnementale du Haut-Katanga. Au cœur des discussions, le conflit de superposition des titres a été vivement soulevé, en particulier l’intrusion de l’exploitation minière dans les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL).
« Les miniers n’ont pas ni droit ni pouvoir d’exploiter dans les forêts des communautés locales. Le ministre provincial de l’environnement prendra contact avec les entreprises concernées pour régler cela », a martelé la ministre en se basant sur les textes juridiques.
« La ministre est venue vers la société civile pour co-construire une solution. Je crois que la consultation doit donner des résultats en termes de prise en compte des préoccupations de la société civile et des autres acteurs », a déclaré Sabin Mande, coordonnateur provincial du GTCR-R (Groupe de travail climat REDD- Rénové).
Marie Nyange a également abordé la question de l’exploitation artisanale du bois rouge. Elle a fait savoir à ses interlocuteurs qu’une solution progressive étant en cours suite à la suspension de cette activité. « Maintenant que la technologie est en train d’être mise en place, une mission viendra ici pour discuter avec vous sur les nouvelles conditions d’exploitation. C’est pour le bien de notre pays, et surtout aussi de vos enfants ».
Fin de l’impunité des pollueurs
La rencontre avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) du Haut-Katanga, était axée autour de la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises minières, accusées d’être à la base des pollutions récurrentes dans cette province. « Trop c’est trop, » a tonné Marie Nyange, rappelant que la fin de ces pollutions est une injonction du Chef de l’État. Elle a invité les entreprises minières à investir dans la prévention de leurs pollutions afin de préserver la vie humaine et les écosystèmes.
Pour encadrer et sanctionner les manquements, la Ministre a annoncé des mesures de renforcement notamment l’élaboration dans un bref délai des normes environnementales strictes devant servir de boussole dans la mise en œuvre des études environnementales préalablement validées par l’ACE (Agence congolaise de l’Environnement). Ainsi interviendra la phase coercitive. « Tout acte criminel commis par des entreprises minières sera désormais sévèrement puni », a précisé Marie Nyange.
Pour sa part, Guy Kimenyembo Mwanabute, premier vice-président provincial de la FEC a déclaré que « nous allons transmettre à nos membres, le mot de madame la Ministre, afin de permettre que toutes les études d’impact environnemental effectué et qui n’ont pas été correctement encadrées puissent trouver les voies et moyens de stopper la dégradation de l’environnement. »
La patronne de l’environnement a également annoncé la mise en place du cadre de concertation permanent devant regrouper les différentes parties prenantes dont la FEC, la société civile, les différentes administrations impliquées dans la question d’exploitation minière et forestières en vue d’appuyer les efforts du gouvernement dans la lutte contre ce fléau.
Par ces directives claires, le gouvernement réaffirme son engagement à protéger l’environnement et les droits des communautés dans le Haut-Katanga, tout en exigeant une plus grande responsabilité de la part du secteur minier.
MTB
