Le lundi 9 mars 2026, le président Abdel Fattah al-Sissi a participé par visioconférence à la réunion d’urgence convoquée par l’Union européenne sur l’actualité régionale, en présence des dirigeants et représentants des pays membres du Conseil de coopération du Golfe, de l’Égypte, de la Jordanie, du Liban, de la Syrie, de la Turquie, de l’Irak, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Du côté européen, le président du Conseil européen et la présidente de la Commission européenne y ont participé.
Le porte-parole officiel de la présidence a déclaré que les dirigeants participants ont insisté sur la nécessité de désamorcer les tensions et de travailler à un règlement pacifique de la crise afin de rétablir la stabilité au Moyen-Orient. Ils ont également souligné leur rejet des attaques contre les États du Golfe, la Jordanie et l’Irak, ainsi que de toute atteinte à la souveraineté, à la stabilité et à l’intégrité territoriale de ces pays. La réunion a également porté sur les répercussions économiques et humanitaires de la crise actuelle et sur les moyens de coordonner et d’intensifier la coopération entre l’Union européenne et les pays de la région pour enrayer l’escalade et inciter les parties au conflit à privilégier une solution politique.
L’ambassadeur Mohamed El Shenawy, porte-parole officiel, a ajouté que la réunion avait souligné la nécessité de soutenir le Liban et son gouvernement dans leurs efforts pour consolider le contrôle des armes sur l’État. Elle a également insisté sur l’importance de ne pas perturber les voies d’approvisionnement énergétique et les chaînes logistiques, ni d’entraver la navigation maritime. Le président a prononcé un discours lors de cette réunion, dont voici le texte :
Monsieur Antonio Costa, président du Conseil européen
Mme Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne
Majestés et Excellences
Mesdames et Messieurs;
Je tiens à exprimer toute ma gratitude à l’Union européenne pour cette initiative et pour notre réunion d’aujourd’hui, consacrée aux consultations dans le contexte délicat de la situation au Moyen-Orient et de ses répercussions multidimensionnelles, non seulement au niveau régional, mais aussi sur la paix et la sécurité internationales.
Je tiens à commencer mon discours en réaffirmant la position ferme de l’Égypte et ses efforts inlassables pour désamorcer l’escalade, maintenir la sécurité et la stabilité de la région et protéger ses populations. J’insiste sur notre soutien indéfectible aux pays arabes frères et à leur sécurité, ainsi que sur la nécessité de respecter leur souveraineté, de préserver leurs capacités et de garantir la sécurité de leurs peuples. J’affirme que l’Égypte condamne fermement toute forme d’agression contre les pays frères du Golfe, la Jordanie et l’Irak, et appelle à un cessez-le-feu immédiat et à un engagement ferme en faveur du respect du droit international et du droit international humanitaire, ainsi qu’à l’interdiction de cibler les civils.
Mesdames et Messieurs;
L’Égypte a mis en garde dès le début contre le danger de la poursuite des crises au Moyen-Orient en l’absence de solutions politiques et pacifiques durables, notamment en ce qui concerne la prolifération nucléaire. Au fil des ans, et dans toutes les instances internationales, nous avons maintes fois plaidé pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, convaincus du danger que représente la prolifération nucléaire pour la sécurité des populations de la région et de la nécessité d’une mise en œuvre globale et non sélective du régime de non-prolifération nucléaire, conformément à la légitimité internationale et aux principes pertinents des Nations Unies, afin d’éviter que la région ne s’engage dans une course aux armements, des confrontations militaires et une escalade répétée des conflits.
L’Égypte a déployé des efforts considérables ces derniers temps avec toutes les parties pour réduire l’escalade et revenir à la voie diplomatique et à des solutions pacifiques à cette crise, y compris le programme nucléaire iranien. Les efforts diplomatiques égyptiens ont contribué à ce que la République islamique d’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique parviennent à l’Accord du Caire, lors de la réunion ministérielle organisée par l’Égypte le 9 septembre 2025, afin de renforcer les mesures de confiance entre les deux parties.
L’Égypte a poursuivi ses efforts ces derniers mois pour faire progresser le processus diplomatique, encourageant toutes les parties à parvenir à un règlement global et pacifique qui épargne à la région les dangers et les conséquences d’une escalade, compte tenu notamment des tensions actuelles et des crises multiples. Dans ce contexte, l’Égypte souligne la nécessité d’empêcher toute nouvelle extension du conflit, en particulier au vu de ses répercussions sans précédent, qui affecteraient la sécurité et la stabilité des pays de la région, ainsi que l’économie mondiale et la sécurité énergétique. Une telle extension compromettrait également la capacité de la communauté internationale à se remettre des conséquences néfastes des pandémies et des affrontements militaires survenus dans différentes parties du monde ces dernières années.
Mesdames et Messieurs;
Permettez-moi de vous faire part du point de vue égyptien sur les développements en cours dans la région :
Nous insistons tout d’abord sur la nécessité d’un arrêt immédiat de toutes les attaques contre nos États arabes frères. L’Égypte réaffirme son rejet catégorique de toute violation de la souveraineté des États arabes, de leur intégrité territoriale ou de la sécurité de leurs citoyens, ainsi que de toute menace ou atteinte à leur sécurité et à leur stabilité. Je tiens à souligner que la sécurité nationale des États arabes est indissociable de la sécurité nationale égyptienne.
Deuxièmement : nous insistons sur l’importance pour toutes les parties de faire preuve de retenue et de travailler à réduire l’escalade, en privilégiant le dialogue et en faisant progresser la voie diplomatique, et en adhérant au principe du règlement des crises et des conflits par des moyens pacifiques, car c’est la bonne option pour parvenir à la stabilité et à la sécurité souhaitées.
Troisièmement : nous insistons sur la nécessité pour toutes les parties de prendre conscience de la gravité des répercussions économiques de l’escalade actuelle dans la région, dont les effets se sont étendus à tous les pays du monde, compromettant la stabilité de la sécurité énergétique, nuisant à la sécurité des routes maritimes, affectant les chaînes d’approvisionnement et le commerce mondial, et impactant les moyens de subsistance des citoyens et la satisfaction de leurs besoins, en particulier dans les pays en développement, et faisant peser sur la communauté internationale la responsabilité de travailler ensemble pour désamorcer la crise.
Quatrièmement : l’Égypte salue le rôle important joué par l’Union européenne dans la recherche d’un règlement pacifique des différents problèmes régionaux et internationaux, notamment de la crise actuelle. Je tiens à souligner notre volonté de poursuivre une coordination et une concertation étroites avec l’Union européenne dans le cadre du partenariat stratégique global qui nous unit, afin de servir les intérêts des deux parties face aux défis communs actuels.
Mesdames et Messieurs;
L’incapacité de la communauté internationale à résoudre cette crise au plus vite par des moyens pacifiques constituera un grave danger pour le système international, ses institutions et sa capacité à gérer les crises, et affaiblira la confiance des pays, notamment des pays en développement, dans le système international fondé sur des règles. J’affirme que l’Égypte demeure convaincue du rôle central de ce système international et de la capacité de ses institutions à jouer pleinement leur rôle dans le règlement des crises internationales, et qu’elle restera attachée aux principes et aux objectifs de la Charte des Nations Unies, notamment le respect de la souveraineté des États et le principe de non-ingérence dans leurs affaires intérieures et de non-recours à la force.
En conclusion, l’Égypte continuera de déployer ses efforts auprès de tous les pays et parties concernées afin de contenir cette escalade et de régler la crise par des moyens pacifiques, pour épargner aux peuples de la région de nouvelles tensions et une instabilité accrue, et pour préserver leurs capacités et leur avenir.
Merci beaucoup
Avant de conclure mon discours, permettez-moi de vous parler d’une situation qui exige que nous nous exprimions clairement : la situation au Liban. Il est crucial de soutenir le Liban et de maintenir la stabilité de l’État libanais face aux défis qu’il rencontre, et notamment de tout mettre en œuvre pour empêcher Israël d’envahir le Liban durant cette période difficile, et de ne pas cibler les infrastructures de l’État libanais en cas d’escalade.
Il est primordial, en cette période difficile, de soutenir l’État libanais et les orientations positives du président Aoun dans ses efforts pour désarmer le Hezbollah et préserver la stabilité du Liban, afin d’éviter toute nouvelle escalade. J’estime qu’il est de notre responsabilité, et même de notre devoir, de nous tenir aux côtés du Liban en ces temps difficiles pour empêcher que la situation ne se détériore davantage.
Dans le même ordre d’idées, il est très important que nous maintenions la stabilité et que nous ne permettions à aucun moment que le territoire de l’État syrien soit pris pour cible, que nous préservions la souveraineté de l’État syrien pendant cette phase également, et que nous restions vigilants quant à l’évolution de la situation concernant la forme et l’avenir de la sécurité régionale dans la région.
Merci beaucoup
Porte-parole officiel de la présidence de la République
