Le président chinois Xi Jinping a avancé l’Initiative pour la gouvernance mondiale (IGM) lors du sommet de l’Organisation de la Coopération de Shangai (OCS), qui s’est tenue à Tianjin en Chine du 31 août au 1er septembre de l’année en cours. Cette Initiative est saluée par plusieurs personnalités, notamment le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres, le président russe Vladimir Poutine qui la qualifie de bonne, et le considère comme un pas positif vers la construction d’un système international plus équilibré et pluraliste. Et par pratiquement tous les pays membres de l’OCS.
Cette proposition du président chinois fait suite à la nouvelle période de turbulences et de transformations à laquelle est confrontée le monde et la gouvernance mondiale se trouve à une nouvelle croisée des chemins. Une initiative qui tombe à pic et montre la voie à suivre, estime certains observateurs. Elle se compose de 5 principes à savoir, le respect de l’égalité souveraine, se conformer à l’état de droit international, pratiquer le multilatéralisme, promouvoir une approche centrée sur les personnes, se concentrer sur la prise de mesures concrètes. La question qui taraude l’esprit de beaucoup d’expert est celle de savoir si cette nouvelle initiative aura une portée dans la résolution des problèmes et des défis mondiaux.
Bon nombre des pays membres de l’OCS assure que oui. En effet, face aux troubles régionaux fréquents et la montée de la démondialisation, Xi Jinping également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et président de la Commission militaire centrale assure qu’il faut poursuivre l’égalité souveraine. Ce principe s’avère être une condition préalable essentielle à la gouvernance mondiale. La Chine a toujours prôné le même traitement pour tous les pays, indépendamment de leur taille, de leur puissance ou de leur richesse, ont le même droit de participer aux affaires internationales. La situation inégale dans laquelle quelques pays monopolisent la gouvernance mondiale ne doit plus perdurer. Aussi, la Chine plaide pour une meilleure représentation de l’Afrique aux Nations-Unis et dans d’autres organisations.
« Le droit international et les règles internationales sont des normes communes qui doivent être formulées, maintenues et mises en œuvre conjointement par tous les pays, ce qui n’admet et ne doit admettre aucune exception » souligne Xi Jinping. Il estime que les buts et principes de la Charte des Nations Unies et les autres normes fondamentales régissant les relations internationales universellement reconnues doivent être complètement, pleinement et intégralement observés. Il faut veiller à une application égale et uniforme du droit international et des règles internationales et s’abstenir de pratiquer le deux poids deux mesures ou d’imposer à autrui les « règles domestiques » de quelques pays.
Le multilatéralisme, la voie fondamentale
Dans cette proposition d’Initiative sur la gouvernance mondiale, le président chinois affirme que pratiquer le multilatéralisme, est la voie fondamentale de la gouvernance mondiale. Pour lui, la gouvernance mondiale est l’affaire de tous les pays et concerne les intérêts vitaux de chacun d’entre eux. Elle nécessite la coordination et la coopération plutôt que l’unilatéralisme et l’intimidation. « Il nous faut suivre la vision de la gouvernance mondiale fondée sur le principe d’amples consultations, de contribution conjointe et de bénéfices partagés, renforcer la solidarité et la coordination et rejeter l’unilatéralisme. Il est essentiel de préserver fermement la place et l’autorité de l’ONU et de valoriser effectivement son rôle important et irremplaçable dans la gouvernance mondiale », note Xi. La Chine dans son optique du multilatéralisme l’objectif est de construire une communauté d’avenir partagé. Elle s’oppose aux règles universellement contraignantes de la coopération internationale. Par exemple, en 2022, la Chine a proposé lors du G20 de se mettre d’accord sur une solution pour l’allégement de la dette des pays africains touchés par la Covid-19.
L’approche centrée sur les peuples est également une valeur fondamentale de la gouvernance mondiale. Celle-ci consiste à concrétiser l’aspiration des peuples à une vie meilleure et à construire ensemble un monde dans lequel tous peuvent jouir de la prospérité et du bonheur. Sur cette quatrième approche, le président chinois indique qu’il est nécessaire de réformer et de perfectionner le système de gouvernance mondiale et d’assurer que les peuples y participent et en bénéficient, de sorte à mieux relever les défis communs auxquels est confrontée l’humanité, à mieux combler le fossé de développement Nord-Sud et à mieux préserver les intérêts communs de tous les pays.
Plus d’actions, plus de résultats
La dernière approche mise un engagement des actions concrètes. Xi Jinping se penche sur l’orientation vers l’action qui constitue un principe essentiel de la gouvernance mondiale. La vitalité de la gouvernance mondiale vient de la pratique, la clé résidant dans l’action et le test ultime dans les résultats. Il est nécessaire de se concentrer à la fois sur le présent et sur le long terme, et de traiter les questions pratiques qui préoccupent tous les pays, en particulier les nombreux pays en développement. « Il est important de promouvoir une planification systémique et une approche globale pour coordonner les actions mondiales, mobiliser pleinement les différentes ressources, enregistrer plus de résultats visibles et éviter le retard et la fragmentation dans la gouvernance par la coopération pragmatique » fait remarquer Xi le Chef d’Etat chinois.
Pour rappel, l’Initiative pour le développement mondial n’est pas une première proposition lancée par le Chef d’Etat chinois. Depuis son élection en 2013, l’initiative mondiale pour le développement a également vu le jour, mais aussi l’Initiative pour la sécurité mondiale et l’Initiative pour la civilisation mondiale. A travers ces initiatives, Xi Jinping appelle tous les pays à œuvrer ensemble à la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité et à l’édification d’un monde ouvert, inclusif, propre et beau, caractérisé par une paix durable, une sécurité universelle et une prospérité partagée, traçant ainsi la voie pour l’avenir de l’humanité.
MTB
