Dr Manal Awad, ministre du Développement local et ministre de l’Environnement par intérim, a affirmé la gestion des déchets et les politiques zéro déchet figuraient parmi les principales priorités de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable. Le Forum mondial zéro déchet est une plateforme importante de coopération internationale pour la construction d’un système intégré et flexible de gestion des déchets, qui concilie protection de l’environnement, encourage l’investissement et favorise le développement durable. Cet objectif est atteint grâce aux efforts concertés et aux rôles intégrés des gouvernements, du secteur privé et de la société civile. Elle a expliqué que l’État égyptien accorde une grande importance à la gestion intégrée des déchets dans le cadre de ses efforts pour développer le secteur environnemental, créer un environnement favorable à l’investissement et mobiliser le secteur privé.
Cela s’est produit lors du discours du Dr Manal Awad à la réunion ministérielle du Forum mondial Zéro Déchet, qui se tient du 17 au 19 octobre à Istanbul, avec la participation de Mme Emine Erdoğan, présidente d’honneur de la Fondation Zéro Déchet, M. Murat Kurum, ministre de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique de la République de Turquie, M. José Manuel Muller, vice-président du Conseil consultatif de haut niveau du Secrétaire général des Nations Unies sur le zéro déchet, M. Samed Ağirbas, président de la Fondation Zéro Déchet, ainsi que d’un certain nombre de dirigeants gouvernementaux, d’institutions internationales, d’universitaires, de dirigeants du secteur privé, de représentants de la société civile, de dirigeants des villes et des communautés locales et de décideurs politiques.
Le Dr Manal Awad a passé en revue les mesures prises par l’Égypte pour développer le secteur de la gestion des déchets et créer un environnement propice à l’investissement et à la participation du secteur privé. Parmi les plus importantes, on compte la promulgation de la première loi unifiée régissant la gestion des déchets en Égypte en 2020. Cette loi définit les rôles et responsabilités de tous les acteurs du système, établit des mécanismes de financement durable et met en place les contrôles nécessaires aux processus de planification, de réglementation et de suivi. La loi a également institué l’Autorité de régulation de la gestion des déchets, entité institutionnelle responsable de la planification et de la réglementation, ainsi que de la mise en place et du développement des infrastructures du système de gestion des déchets, notamment des stations intermédiaires, des installations de traitement et des décharges contrôlées sécurisées.
Le Dr Manal Awad a souligné que l’Égypte mettait en œuvre le principe de responsabilité élargie des producteurs, l’une des étapes les plus importantes vers une gestion intégrée des déchets. Des études détaillées ont été réalisées et des phases de mise en œuvre sont en cours d’élaboration pour les matériaux d’emballage et les déchets électroniques, parallèlement à la mise en œuvre d’initiatives volontaires. Le Premier ministre a également pris une décision concernant l’application du principe de responsabilité élargie pour les sacs plastiques à usage unique, qui est en phase finale de mise en œuvre effective. Le gouvernement travaille également à l’adoption d’une hiérarchie de gestion des déchets et à l’élaboration d’un guide pour le système Green Label afin d’encourager le recyclage.
Le ministre a ajouté que l’Égypte a élaboré un cadre stratégique visant à accroître l’efficacité des opérations de collecte et de transport des déchets municipaux à 85 %, à traiter 60 % des déchets municipaux collectés dans des installations de traitement biomécanique d’ici 2027, à orienter 20 % des déchets collectés vers des projets de valorisation énergétique des déchets et à stimuler le secteur privé en publiant un décret du Premier ministre sur les tarifs de l’électricité pour les projets de valorisation énergétique des déchets. L’Égypte s’emploie également à achever l’élaboration de la stratégie nationale pour l’économie circulaire, qui cible les secteurs prioritaires tels que le secteur des déchets, le secteur industriel, le secteur des télécommunications, etc.
Le Dr Manal Awad a également souligné le lancement de plusieurs opportunités d’investissement prometteuses dans le domaine de la gestion des déchets, notamment le recyclage des déchets agricoles, le recyclage des déchets de construction et de démolition, les projets de production d’énergie à partir des déchets municipaux et la production de carburants alternatifs. Ces opportunités ouvrent la voie à une large participation du secteur privé, que ce soit pour fournir des matières premières à diverses industries ou pour investir dans les énergies propres et réduire les émissions.
Le ministre du Développement local et ministre de l’Environnement par intérim a expliqué que l’Égypte mettait actuellement en place la plus grande ville intégrée de gestion des déchets d’Afrique et du Moyen-Orient, couvrant une superficie de 1 200 acres, en partenariat avec des partenaires de développement représentés par la Banque mondiale, afin de traiter tous les types de déchets. L’Égypte s’emploie également à développer la création d’unités de biogaz pour optimiser la valorisation des déchets agricoles et des déchets d’abattoirs.
Son Excellence a ajouté que l’importance de la réunion ministérielle réside dans le fait qu’elle offre l’occasion de discuter des stratégies nationales de mise en œuvre de politiques zéro déchet dans diverses villes et communautés pour un avenir urbain durable, d’élaborer des propositions politiques concrètes et de développer de nouveaux engagements et alliances aux niveaux national et régional.
De son côté, la Première Dame de Turquie, Mme Emine Erdoğan, s’est dite heureuse d’être présente à cet événement important qui rassemble différentes opinions et visions, soulignant que la Turquie achevait sa huitième année d’engagement vers le zéro déchet, fruit de la coopération entre le gouvernement et la société civile, en particulier les femmes. Elle a souligné que l’Initiative Zéro Déchet avait été signée par environ 105 pays aux Nations Unies, ce qui constitue une source de fierté et témoigne de l’intérêt des pays pour la question des déchets. Elle a appelé tous les pays à se joindre à l’initiative et à remplir toutes leurs obligations environnementales afin de réduire les effets négatifs du changement climatique, dont nul ne sera exempté.
Dans le même ordre d’idées, Murat Kurum, ministre turc de l’Environnement, de l’Urbanisme et du Changement climatique, a souligné que l’Initiative Zéro Déchet est une étape essentielle et indispensable pour parvenir à la justice climatique, car l’utilisation excessive des ressources en eau et en nourriture entraîne des catastrophes environnementales. Il est donc nécessaire de modifier les systèmes de production et de consommation pour parvenir à la durabilité. Il a cité le rapport des Nations Unies de 2024 à Genève, qui indique qu’environ 2 200 milliards de tonnes de déchets proviennent des villes, en particulier des zones urbaines, ce qui nous incite à modifier les modes de consommation. Il a souligné que l’initiative revêt une dimension stratégique en Turquie, car elle peut réduire les émissions et accroître la production économique en préservant les ressources, compte tenu de la volonté du pays de réduire et de recycler l’utilisation du plastique. D’ici 2026, la Turquie produira des produits recyclables, ce qui contribuera à augmenter le taux de recyclage de 15 %. Il a rappelé que M. Erdoğan a annoncé le centenaire de la Turquie, qui soutient le développement vert, et a annoncé le soutien de la Turquie au développement visant à réduire les émissions, faisant de la Turquie un pays neutre en carbone.
M. Ibrahim Yumakli, ministre turc de l’Agriculture et des Forêts, a quant à lui présenté certaines des mesures prises par la Turquie pour réduire et valoriser ses déchets. Il a expliqué que la Turquie transformait les déchets organiques en engrais, ainsi que les déchets forestiers. Il a également précisé que les emballages étaient collectés à la source pour être recyclés afin de réduire la consommation de matériaux d’emballage. La Turquie a également mis en œuvre des pratiques agricoles modernes et respectueuses de l’environnement et révisé ses politiques d’irrigation, d’agriculture et d’utilisation de l’eau. Il a également expliqué que la Turquie mettait en œuvre des programmes de sensibilisation des agriculteurs et des programmes de réduction du gaspillage alimentaire, dans le but de façonner l’avenir du monde.
D’autre part, le ministre turc de l’Industrie a souligné que l’objectif principal de l’initiative est de parvenir à la durabilité et à un avenir meilleur, soulignant les succès de la Turquie dans les domaines industriel et technologique, et soulignant que les modes de consommation non réglementés et irresponsables mettent la planète en garde contre l’atteinte d’un équilibre social, économique et environnemental. Il a insisté sur l’importance de la coopération entre tous pour fournir le financement nécessaire à la transformation économique verte, soulignant que la Turquie a établi un cadre législatif pour cette transition.
Le Vice-Président du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) a également souligné l’engagement du programme à atteindre les objectifs de l’Initiative Zéro Déchet à travers divers secteurs qui contribuent à cet objectif, notamment la production et la consommation durables. Il a indiqué que le programme communique avec de nombreuses institutions gouvernementales à travers le monde, soulignant qu’il constitue une plateforme internationale d’échange d’expertise et qu’il est toujours prêt à apporter un soutien technique et financier.
Source : Ministère de l’Environnement
