Le colloque international sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris en Afrique sub-saharienne a débuté, hier mardi 21 octobre à Kinshasa. Dix ans après son adoption, les organisateurs ont jugé judicieux de faire le point sur cette mise en œuvre. Ce rendez-vous est donc une occasion pour les acteurs de la communauté scientifique, de la société civile, du monde politique, du secteur public et des bailleurs de fonds échanger sur l’Accord de Paris, qui est le troisième accord sur les changements climatiques adopté en 2015 à l’occasion de la COP21.
La question centrale du Colloque autour du dixième anniversaire de l’Accord de Paris, est : quelles sont les avancées et les reculs enregistrés à l’échelle du bassin du Congo depuis l’avènement de l’Accord de Paris ? Quelles leçons ont été tirées des initiatives menées jusqu’à présent dans le bassin du Congo ? Quels sont les principaux défis à relever pour atteindre les objectifs clés de l’Accord de Paris au niveau du bassin du Congo ? Quelles solutions innovantes peuvent être envisagées pour surmonter ces défis ? Comment préserver et valoriser les forêts denses et humides du bassin du Congo en renforçant l’implémentation de l’Accord de Paris?. C’est sur ces différents aspect que vont se pencher durant deux jours les différents intervenants.
Énumérant les objectifs du colloque le professeur Cléo Mashini, du Centre de Recherches Interdicsiplinaires en Droit de Développement (CRIDE) a indiqué que « Ce colloque tente d’évaluer, 10 ans après l’adoption de l’Accord de Paris , la mise en œuvre de ses trois objectifs en Afrique subsaharienne, à savoir maintenir l’élévation de la température globale au-dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en poursuivant les efforts à la limiter à 1,5 ° C. Augmenter la capacité d’adaptation, et enfin, rendre les apports financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faible émission de GES et résilient aux menaces du changement climatique. Ces objectifs doivent être atteints sur la base de l’équité et du principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales ».
Si l’Accord de Paris a posé les bases d’un engagement global et historique en faveur du climat, le bassin du Congo a implémenté plusieurs initiatives, programmes et projets dans le but de contribuer à l’action climatique globale. Entre initiatives sous-régionales, nationales, locales et défis globaux, des solutions ambitieuses ont été engagées par les pays du bassin du Congo. Dans cette perspective, une dynamique sous-régionale pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique a organisé divers événements de grande envergure pour promouvoir l’action climatique.
La conservation pilier de la souveraineté écologique
Dans le cadre de ce colloque, le DG de l’ICCN, Yves Milan Ngangayi, a souligné que cette rencontre est une opportunité pour bâtir une synergie entre droit, écologie, économie et gouvernance. « L’ICCN est prêt à recueillir vos recommandations et les traduire en actions concrètes, ensemble faisons de la conservation un pilier de notre souveraineté écologique et un moteur de développement durable » a déclaré le DG de l’ICCN.
Considéré comme poumon écologique d’Afrique, le bassin du Congo regorge un puit net de carbone forestier le plus important au monde. Son absorption annuelle nette de dioxyde de carbone est six fois supérieure à celle de la forêt amazonienne. Cependant, la déforestation, l’exploitation forestière illégale, la modification des régimes de pluie, l’impact sur la biodiversité et tant d’autres causes menacent ses ressources forestières de la sous-région, compromettent ainsi sa capacité à lutter contre le changement climatique et à soutenir les moyens de subsistance de millions de personnes.
MTB
