Image processed by CodeCarvings Piczard ### FREE Community Edition ### on 2025-06-18 14:38:04Z | | ÿ<CJÿ=ELÿ@HOÿÎ|éE
L’Egypte accueille favorablement le soutien régional et international — officiel ou populaire — aux droits légitimes du peuple palestinien, ainsi que le rejet du blocus, de la famine et des violations flagrantes et systématiques commises par Israël dans la bande de Gaza (…). Toutefois, toutes les demandes de visite doivent impérativement respecter les procédures réglementaires en vigueur depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza », a déclaré cette semaine le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, en réponse aux sollicitations de plusieurs délégations internationales souhaitant se rendre dans la zone frontalière d’Al-Arich et de Rafah en signe de solidarité avec les Palestiniens. Le ministère a précisé que ces démarches doivent passer par les ambassades égyptiennes à l’étranger, les ambassades étrangères au Caire, ou les représentants d’organisations accréditées auprès du ministère.
Le convoi terrestre en question, composé de 2 000 à 3 000 personnes issues de 80 pays, est parti d’Algérie, en passant par le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie pour finalement atteindre la Libye. Transportant de l’aide humanitaire, il vise à défier le blocus israélien imposé à Gaza. Le parcours initialement prévu devait le faire traverser de la Tunisie, la Libye puis l’Egypte. Or, le gouvernement parallèle contrôlant l’est de la Libye — qui adopte une position similaire à celle de l’Egypte — a stoppé le convoi dans la ville méditerranéenne de Syrte.
Un soutien à la position officielle
En réaction à la décision égyptienne, plusieurs partis, députés et responsables politiques ont exprimé leur soutien total, estimant que cette position reflète la grande responsabilité assumée par l’Etat égyptien face à une situation régionale extrêmement complexe.
Le professeur de sciences politiques à l’Université du Caire Tarek Fahmy a souligné l’importance du communiqué du ministère, qu’il considère comme l’expression d’« une équation délicate à laquelle l’Egypte adhère : un soutien ferme au peuple palestinien et un rejet total des violations israéliennes, sans pour autant renoncer à son droit souverain de contrôler ses frontières selon des règles claires », explique-t-il. Et d’ajouter : « La position de l’Egypte sur la question palestinienne est constante et historique. Elle ne saurait ni être remise en cause ni faire l’objet de surenchères. L’Egypte s’oppose fermement à l’occupation israélienne et soutient les droits légitimes du peuple palestinien ». Fahmy a également dénoncé les critiques formulées dans certains médias hostiles à l’Egypte, qui accusent cette dernière d’« imposer un siège aux militants ». Il a rejeté ces accusations, rappelant que la majeure partie de l’aide humanitaire destinée à Gaza transite par le territoire égyptien. « Ce discours calomnieux n’est pas nouveau. Il a déjà été utilisé par l’organisation terroriste des Frères musulmans dans ses attaques contre l’ouverture ou la fermeture du point de passage de Rafah », a-t-il rappelé.
Des interrogations légitimes
De son côté, le chercheur en relations internationales Mohamed Osman a rappelé lors d’une intervention télévisée que de nombreuses ONG arabes et internationales ont déjà organisé, en coordination avec les autorités égyptiennes, des convois humanitaires massifs pour Gaza, certains sous l’égide du président égyptien lui-même. « Tous ces mouvements ont été coordonnés avec les autorités compétentes, en tenant compte de la sensibilité de la situation sécuritaire à la frontière entre l’Egypte, Gaza et Israël », a-t-il souligné. « L’Egypte a acheminé plus de 70 % de l’aide humanitaire qui est entrée dans la bande de Gaza, ce qui exclut toute tentative de remise en cause de son rôle », explique-t-il.
Osman a également exprimé des doutes sur les intentions réelles du convoi actuellement bloqué : « Ce convoi, parti d’un pays d’Afrique du Nord vers la frontière égyptienne sans coordination préalable ni respect des procédures légales, suscite de nombreuses interrogations. Le point de passage de Rafah est actuellement fermé du côté palestinien, contrôlé par les forces d’occupation israéliennes. Il est donc illogique d’organiser un convoi humanitaire vers une zone inaccessible ». Et d’ajouter : « Dans ce contexte, les forces d’occupation israéliennes n’hésiteront pas à recourir à la force, comme cela a été le cas récemment contre le voilier Madeleine ». Osman conclut en évoquant une autre source de préoccupation : « La présence dans le convoi de personnes scandant des slogans hostiles à l’Egypte soulève de sérieuses questions. S’agit-il vraiment d’un convoi à vocation humanitaire ou d’une action à portée politique et sécuritaire, sans lien réel avec la solidarité envers Gaza ? ».
Ahram Online
