L’ancien chef de guerre de l’Ituri, Thomas Lubanga, aujourd’hui à la tête du mouvement politico-militaire Convention pour la Révolution Populaire (CRP), actif en Ituri, a appelé à un dialogue national inclusif.
Lors d’une conférence de presse tenue le 16 juillet en Ouganda, Thomas Lubanga est revenu sur l’accord de paix récemment signé à Washington ainsi que sur le processus de Doha. Estimant que ces initiatives sont insuffisantes pour instaurer une paix durable dans le pays, il a appelé à une démarche « holistique ». Il a également nié que son nouveau mouvement bénéficie du soutien des autorités de Kampala.
Selon lui, lui-même et ses compagnons sont victimes de « persécutions » après avoir dénoncé « l’affairisme et l’incapacité » des autorités tant à Kinshasa qu’en Ituri. Il a rappelé qu’en mars dernier à Kampala, il avait annoncé la création de son nouveau mouvement. Dans leur dernier rapport, les experts de l’ONU affirment que sa présence et ses activités bénéficieraient de l’approbation des autorités ougandaises, ce que Thomas Lubanga a formellement démenti.
Concernant les différents processus de paix en République démocratique du Congo, Thomas Lubanga a qualifié d’échecs ceux de Nairobi et de Luanda. Il a salué le récent accord de paix signé à Washington ainsi que le dialogue à Doha, bien qu’il les juge insuffisants pour ramener la paix en RDC. « La crise congolaise peut-elle être résolue simplement par quatre parties ? » a-t-il interrogé, déplorant qu’il serait « une grave erreur » de limiter la crise à laquelle la RDC est confrontée à un accord sur l’exploitation minière. Il a insisté sur la nécessité de solutions durables et a appelé à une démarche plus inclusive, apportant ainsi son soutien à l’initiative conjointe des Églises catholique et protestante.
Condamné à 14 ans de prison par la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle dans le conflit en Ituri il y a 25 ans, l’ancien chef de milice a précisé qu’il soutient les positions de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (ADF) et du mouvement rebelle M23.
Marina Destinée
