Le Réseau national des sportifs congolais (RNSC) a délivré des diplômes d’excellence à plusieurs pionniers sportifs congolais. Cette remise s’est déroulée au cours d’une conférence sur le thème: «Analyse du sport congolais, avant et après l’indépendance de la RDC de 1960». Cadre choisi pour cette manifestation : la salle culturelle de l’Eglise de Jésus-Christ des saints de derniers jours, à Kintambo.
Ont été honorés, notamment plusieurs grands maîtres, maîtres… évoluant ou ayant évolué dans les disciplines telles que le Aïkido, le judo, le jiu-jitsu, le karaté, le tae kwondo, le taï jitsu… témoin de la progression des arts martiaux et autres sports de combats en RDC.
Le travail abattu par ces aînés, qui ont pendant des décennies formé des maîtres, qui ont formés à leur tour d’autres, etc., a été reconnu par le RNSC.Selon le Coordonnateur principal du RNSC, Me Chadrack N’Koy Lyanza, le souci premier est que ces pionniers soient décorés par la chancellerie des ordres nationaux.
Ces grands maîtres et maîtres, qui constituent la crème de la crème des pratiquants des arts martiaux ont à leur actif une longue expérience. Plusieurs pionniers honorés ont débuté leur pratique des arts martiaux quelques années après l’indépendance de la RDC. Grand Me Tshiam Aliwu (1965), Grand Me Gaby Mpongo (1967), Grand maître Monga Kua Malamu « M. Sorry » (1969), Grand Me Baygon Obotube Bombomba (1970), Grand Me Mabuaka Ntinu (1973), Grand Me Dieudonné Tshibambe (1974), Grand Me Maria Mfumu Yala (1977)…
Parmi les pionniers décorés, on cite notamment : 1. Gd Me Sébastien Lungikama Kueno dit «Sobin», signifiant société de bagarre international. C’est un surnom qui lui a été collé par un de ses amis. Il pratique de manière régulière 13 disciplines sportives, 2. Me Day Lukembeso, CN 6ème dan judo, 3. Gd Me Dieudonné Tshibambe Mwimba, initiateur du requin-do, 4. Gd Me Gaby Mpongo (CN 9ème dan jiu-jitsu), 5. Gd Me Matis Matondo (CN 6ème dan judo), 6. Gd Me Maria Mfumu Yala (Instructeur de tae kwondo), 7. Gd Me Mabuaka Ntinu, Directeur technique honoraire, fédération de karaté, 8. Gd Me Mabuaka Ntinu, 9. Gd Me Monga Kua Malamu « M. Sorry » (ceinture noire 7ème dan karaté), 10. Gd Me Eugène Tshiam Aliwu (CN 6ème dan judo, 6ème dan jiu-jitsu, ceinture marron karaté), 11. Me Daniel Kangalo « Je t’aime », président de la fédération de jiu-jitsu 12. Gd Me Emery Shungu Lohata (CN 7ème dan karaté), 13. Gd Me Magio (CN 5ème dan karaté shotokan), 14. Gd Me Baygon Obotube Bombomba (ceinture noire 7ème dan karaté Itosukaï), 15. Gd Me Bobo Maviana, CN de karaté chez Me Décantor en 1992, il a aussi pratiqué la boxe et l’haltérophilie, 16. Me Joseph Luyindula Kasa-VBubu, directeur technique de la fédération de jiu-jitsu et self-défense, 17. Me Fabien-Gérard Kitenge, vice-président de la fédération de jiu-jitsu et conseiller au RNSC …
«Que les jeunes d’aujourd’hui nous copient»

Parlant de l’évolution des arts martiaux en RDC avant l’indépendance à ce jour, il convient de retenir que la pratique de ces disciplines sportives était restreinte, surtout avant d’accéder à la souveraineté nationale et internationale. Par après, les arts martiaux ont connu une grande expansion. Il n’y avait pas beaucoup de club d’apprentissage. Vers les années 75, par exemple, le karaté est devenu populaire avec l’avènement des films avec des acteurs comme Bruce Lee. Plusieurs doyens dans les arts martiaux se réjouissent de la croissance du nombre de pratiquants. Les pionniers regrettent, toutefois, la rétrogradation constatée dans le chef des pratiquants actuels sur le plan de l’éthique et déontologie du sportif. Ils ont beaucoup de mal à comprendre que certains sportifs d’aujourd’hui s’illustrent dans les antivaleurs, la violence, la délinquance… «Pourquoi les jeunes d’aujourd’hui ne nous copient-ils pas ?», s’est interrogé le Gd Me Maria Mfumu Yala. «A notre époque, même après s’être battu dans un tatami, nous étions en très bon termes entre nous au sortir des dojos ou des compétitions. Cela fait que certains grands maîtres sont restés grands amis depuis les temps anciens à ce jour», a tranché le gd Me Eugène Tshiam Aliwu.
Grand Me Décantor, précurseur des arts martiaux en RDC
Né le 22 mars 1939, le grand maître André Bavua Ntinu dit « Me Decantor est mort le 5 octobre 2013 à Mbanza-Ngungu, au Kongo Central. Un hommage mérité a été lui rendu lors de la conférence du RNSC, par plusieurs pionniers. Beaucoup de pionnier ont reconnu Me Décantor comme grand formateur de plusieurs disciplines et précurseur des martiaux en RDC. Des sources renseignent qu’il a été tout à la fois : père spirituel du Centre sportif congolais (CSC), encadreur et formateur sportif de boxe, d’haltérophilie, de jiu-jitsu, de judo, de karaté, de lutte et de self-défense. L’homme a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire des arts martiaux en RDC.
«Quand Me Décantor est arrivé à Kinshasa, il y a eu une grande évolution dans la pratique des arts martiaux», a témoigné le Gd Me Sobin Lungikama. «Les arts martiaux étaient restreints. Il n’y avait pas beaucoup de club. Avec l’avènement de l’indépendance, Me Décantor a été, si pas le premier, parmi les premiers noirs à répandre des clubs des arts martiaux à la cité», a déclaré pour sa part le Gd Me Mabuaka Ntinu. Celui qui porte le même post-nom que le Gd Me Décantor a révélé que cette coïncidence a alimenté de vifs débats entre les deux personnages.«Me Décantor a enseigné, à lui tout seul, cinq disciplines sportives», a renchéri le Gd Me Matis Matondo.
D’autres séances seront organisées pour honorés d’autres pratiquants dans d’autres fédérations, a assuré le numéro 1 du RNSC.
André NT
