Le jeudi 8 janvier 2026, le Dr Badr Abdel-Aty, ministre des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Affaires des Égyptiens de l’étranger, a reçu Mme Kaia Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, afin de tenir des consultations politiques sur les relations entre l’Égypte et l’Union européenne et d’examiner les derniers développements régionaux et internationaux d’intérêt commun.
L’ambassadeur Tamim Khallaf, porte-parole officiel du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que le ministre Abdel-Aty s’était félicité, lors des entretiens, de la poursuite des consultations et de la coordination avec le Haut Représentant et l’Union européenne sur diverses questions, qu’elles relèvent des relations bilatérales ou des enjeux régionaux et internationaux d’intérêt commun. Il a salué les progrès significatifs accomplis dans les relations entre l’Égypte et l’Union européenne. Il a souligné la volonté de poursuivre la collaboration avec le Haut Représentant afin de soutenir la coopération dans le cadre de la mise en œuvre des six piliers du partenariat stratégique global et de concrétiser les conclusions du sommet égypto-européen qui s’est tenu à Bruxelles le 22 octobre, considérant ces conclusions comme une feuille de route pour les deux prochaines années, jusqu’au prochain sommet en 2027.
Le ministre des Affaires étrangères a également expliqué l’importance d’activer la plateforme d’investissement égypto-européenne, lancée en juin 2025, en élargissant les secteurs bénéficiant de ces investissements pour inclure ceux qui affectent la vie quotidienne des citoyens, notamment les petits et moyens projets productifs dans des secteurs tels que l’industrie et l’agriculture, soulignant l’importance de travailler à lever les obstacles à l’accès des produits égyptiens aux marchés européens.
Le ministre Abdel-Aty a exprimé son souhait de poursuivre la coordination et la coopération avec l’Union européenne dans d’autres domaines, tels que la migration légale et la formation de main-d’œuvre qualifiée. Il a également fait part de son espoir de voir se tenir un dialogue sur la sécurité et la défense entre l’Égypte et l’UE, ainsi que de renforcer la coopération en matière de lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, il a sollicité le soutien de l’UE pour que l’Égypte devienne une plateforme régionale d’aide humanitaire aux zones de crise de la région. Les échanges ont également porté sur le plan d’action de la Charte méditerranéenne ; le ministre des Affaires étrangères a présenté la vision de l’Égypte concernant la Charte et une liste de projets et d’initiatives proposés. Il a par ailleurs souligné l’intérêt de l’Égypte pour accueillir le siège du Secrétariat de l’Université euro-méditerranéenne.
Le porte-parole officiel a ajouté que les consultations ont porté sur des questions régionales d’intérêt commun, notamment la situation dans la bande de Gaza. Le ministre Abdel-Aati a souligné l’importance de l’implication de l’Union européenne pour la mise en œuvre de la deuxième phase du plan du président américain Trump. Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité d’autoriser l’entrée, sans restriction, d’une aide humanitaire, médicale et de secours en quantité suffisante, compte tenu notamment des rigueurs de l’hiver, afin d’alléger les souffrances des habitants de la bande de Gaza. Il a également souligné l’importance d’annoncer la création d’un comité technocratique palestinien chargé de gérer les affaires courantes des Palestiniens, ainsi que le déploiement rapide d’une force internationale de stabilisation pour surveiller le cessez-le-feu et faciliter la reprise et la reconstruction.
Le ministre des Affaires étrangères a également informé le responsable européen des efforts déployés par l’Égypte pour former des policiers palestiniens, se félicitant de la proposition européenne de soutenir ces efforts. Il a souligné l’importance de l’unité territoriale palestinienne entre la Cisjordanie et la bande de Gaza et a rejeté toute mesure susceptible de diviser cette dernière et de compromettre la solution à deux États.
La réunion a également porté sur la situation au Soudan. Le ministre des Affaires étrangères a informé le responsable européen des efforts déployés par l’Égypte dans le cadre du Mécanisme du Quartet, visant à instaurer une trêve humanitaire en vue d’un cessez-le-feu global. Il a souligné l’importance de préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du Soudan, ainsi que de soutenir ses institutions nationales. Il a insisté sur la nécessité d’offrir des zones de sécurité et de garantir un accès sans entrave à l’aide humanitaire destinée au peuple soudanais, condamnant les massacres et les graves violations commises contre les civils à El Fasher et au Kordofan du Nord, et soulignant l’impératif de protéger les civils.
Le ministre Abdel-Aty a souligné que la reconnaissance unilatérale et illégale par Israël du prétendu « Somaliland » constitue une violation flagrante de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie, et porte atteinte aux principes du droit international, à la Charte des Nations Unies et à l’Acte constitutif de l’Union africaine. Il a ajouté que cette reconnaissance crée un dangereux précédent qui menace la paix et la sécurité régionales et internationales, rendant nécessaire une position unie en faveur de la Somalie et des efforts concertés pour garantir la sécurité et la stabilité en Somalie et dans la Corne de l’Afrique. Il a affirmé le plein soutien de l’Égypte à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale inviolables de la Somalie, qu’il considère comme un pilier fondamental de la stabilité de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge. Le ministre Abdel-Aty a par ailleurs insisté sur le fait que la gouvernance de la mer Rouge demeure une compétence inhérente et exclusive des États riverains, responsables du maintien de sa sécurité, de sa stabilité et de la durabilité de ses ressources, promouvant ainsi les intérêts communs de leurs peuples et faisant respecter le principe de souveraineté territoriale dans la gestion de ses affaires.
Concernant la situation au Yémen, le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé le soutien indéfectible de l’Égypte à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République du Yémen, ainsi que l’importance de préserver les institutions de l’État afin de protéger les ressources du peuple yéménite frère et de prévenir toute nouvelle escalade et instabilité. Il a également souligné la nécessité d’intensifier les efforts pour consolider le cessez-le-feu, apaiser les tensions et créer un climat propice à la reprise du processus politique, fondé sur un dialogue inclusif entre Yéménites et aboutissant à un règlement global répondant aux aspirations du peuple yéménite à la sécurité, à la stabilité et au développement.
Le ministre Abdel-Aty a réaffirmé la position de l’Égypte, qui rejette toute violation de la souveraineté du Liban et souligne la nécessité de préserver son unité et son intégrité territoriale, ainsi que son soutien aux institutions nationales afin qu’elles puissent pleinement assumer leurs responsabilités en matière de sécurité et de stabilité du Liban. Il a par ailleurs insisté sur l’importance de promouvoir une solution politique globale et durable en Syrie, qui préserve l’unité et l’intégrité territoriale de l’État syrien et réponde aux aspirations du peuple syrien frère.
Concernant la question de la sécurité hydrique, le ministre Abdel-Aty a souligné la nécessité de respecter les règles du droit international relatives aux ressources en eau partagées, expliquant l’importance d’une coopération fondée sur le consensus et l’intérêt mutuel pour servir les intérêts de tous les pays du bassin du Nil, insistant sur le rejet des actions unilatérales qui violent le droit international dans le bassin oriental du Nil et affirmant que l’Égypte prendra toutes les mesures garanties par le droit international pour protéger les ressources vitales de son peuple.
Concernant la crise ukrainienne, le ministre Abdel-Aati a souligné la nécessité de parvenir à un règlement pacifique et diplomatique de cette crise, afin de garantir la sécurité et la stabilité régionales et internationales.
Source : Page officielle du ministère égyptien des Affaires étrangères
