Médecins Sans Frontières (MSF) a organisé́, mardi 16 septembre, un atelier de renforcement des capacités des journalistes sur la couverture médiatique des violences sexuelles. Avec pour objectif d’outiller des professionnels des médias dans la couverture médiatique des violences sexuelles, en mettant l’accent sur une approche éthique et responsable.
Dans son intervention le Dr Jean-Gilbert Ndong, Responsable médical de MSF en RDC, a souligné les conséquences graves que rencontrent les survivants (es) des violences sexuelles. Ces personnes blessées, aussi bien physiquement que psychologiquement, peinent à reconstituer leur vie. Utilisées comme arme de guerre les violences sexuelles, dont le nombre de victime ne fait que croitre particulièrement dans le Nord et Sud Kivu détruit des vies.
Dans ces zones de conflits les équipes de MSF sont confrontées à de nombreux défis pour la prise en charge des victimes, tels que le manque des infrastructures adéquates et l’insuffisance du personnel.
‘’Le temps d’utilisation d’un kit de viol est de 72h. Ce kit permet de réduire les complications sanitaires entre autres les grossesses non désirables, les IST, le VIH…or les victimes arrivent au centre de santé pour la prise en charge trois voir quatre jours après le viol. Soit parce que le centre est trop éloigné et souvent ils arrivent à pied soit le centre ne disposent pas de services spécialisés nécessaires à la prise en charge des violences sexuelles », a expliqué l’orateur.
Et de rajouter. Les victimes ont besoin d’une prise en charge médicale et psychologique. Elles doivent faire face au sentiment, de culpabilité, du rejet familier et de la société, cela implique une période de réadaptation à la vie communautaire.
Pour sa part, Hervé Yonkeu, Responsable régional de la communication de MSF basé à Dakar, a durant son exposé, abordé une thématique qui met en lumière l’importance d’une plume protectrice. Il a préconisé les cinq piliers éthiques qui, selon lui, doivent toujours guider le travail d’un journaliste pour un rendement de qualité sur des questions des violences sexuelles.
« Il s’agit là des éléments essentiels qui doivent toujours guider le travail d’un journaliste pour un rendement de qualité sur des questions des violences sexuelles », a indiqué l’intervenant.
Pour lui, est considéré comme étant un journaliste professionnel, celui qui privilégie, avec fidélité, la confidentialité, la dignité, la responsabilité sociale et la discipline morale dans le traitement de ses informations.
Hervé Yonkeu a martelé sur le fait que, quelles que soient les circonstances ou contraintes, une survivante mérite toute la protection nécessaire dans le travail des médias. ‘’La manière dont un journaliste couvre les violences sexuelles peut protéger, soit exposer les survivants (es). Chaque choix langage, images, lieu de tournage, questions posées, a des conséquences directes sur leur sécurité, leur dignité et leur accès aux soins’’, a-t-il fait savoir.
Au regard des drames que la population dans les zones en conflit fait face, le gouvernement est appelé à apporter le soutien nécessaire aux victimes des violences sexuelles.
MTB
