Le jeudi 20 novembre 2025, la mission archéologique française travaillant dans la zone archéologique de San El-Hagar (Tanis) dans le gouvernorat de Sharqia, dirigée par le Dr Frédéric Peredeau de l’Université de la Sorbonne, a fait une importante découverte archéologique à l’intérieur de l’un des tombeaux royaux célèbres pour ses trésors, dont la renommée remonte à 1939 lorsqu’une collection des trésors les plus précieux connus sous le nom de trésors de Tanis y a été trouvée et est actuellement exposée au Musée égyptien de Tahrir.
Lors du nettoyage archéologique du sol de la chambre nord du tombeau du roi Osorkon II de la XXIIe dynastie, la mission a mis au jour une importante collection de 225 figurines funéraires (ouchebtis) du roi Shoshenq III, l’un des souverains les plus importants de la XXIIe dynastie et une figure marquante du développement architectural de Tanis. Ces figurines ont été découvertes à leur emplacement d’origine, enchâssées dans des couches de limon, près d’un sarcophage de granit sans inscription, déjà mis au jour mais dont le propriétaire restait inconnu.
Pour sa part, le Dr Mohamed Ismail Khaled, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, a confirmé lors de son inspection du site de fouilles dans la zone des antiquités de Tanis que cette découverte représente un apport scientifique unique, car il s’agit de la découverte la plus importante constatée dans les tombeaux royaux de Tanis depuis 1946.
Il s’agit d’une étape cruciale dans la résolution d’un des mystères archéologiques de longue date ; de nouvelles preuves scientifiques indiquent que le cercueil appartient au roi Shoshenq III, ce qui ouvre la voie à de nouvelles études sur la nature des sépultures royales à cette époque et sur la question de savoir si le roi a été enterré dans le tombeau d’Osorkon II ou si ses biens funéraires y ont été déplacés plus tard pour les protéger.
Il a ajouté que cette découverte témoigne de l’ampleur de la coopération fructueuse entre la mission française et les autorités égyptiennes, et confirme que le site de Tanis recèle encore de nombreux secrets qui n’ont pas encore été découverts, ce qui justifie la poursuite des fouilles et des travaux de restauration, car il s’agit de l’un des centres royaux les plus importants de la Troisième Période Intermédiaire.
Le professeur Mohamed Abdel Badie, directeur du secteur des antiquités égyptiennes, a souligné que la mission avait également permis de découvrir des inscriptions nouvelles et jusqu’alors inconnues dans la même pièce, ce qui améliore la compréhension des chercheurs quant à l’évolution de l’utilisation des tombes royales et des méthodes funéraires durant cette période.
Le Dr Hisham Hussein, directeur de l’Administration centrale des antiquités de Basse-Égypte, a expliqué que la mission française travaille sur le site depuis 1929 dans le cadre d’un partenariat de longue date avec le Conseil suprême des antiquités, afin d’étudier et de restaurer cet important site royal. Il a précisé que la découverte a eu lieu lors de la phase préparatoire d’un vaste projet de protection du tombeau royal, comprenant la construction d’un auvent moderne au-dessus des tombeaux, des travaux de désalinisation et le nettoyage des éléments architecturaux intérieurs et extérieurs.
Le Dr Frederic Peredo a expliqué que la prochaine phase consistera à mener des études archéologiques détaillées des nouvelles inscriptions trouvées à l’intérieur de la chambre nord du tombeau du roi Osorkon II, en plus de terminer les travaux de nettoyage qui pourraient révéler davantage d’informations sur les circonstances de l’inhumation du roi Shoshenq III.
Il a ajouté qu’on ignore encore si le roi a été inhumé directement dans le tombeau d’Osorkon II, ou si ses offrandes funéraires y ont été transférées pour les protéger du vol. De nombreuses recherches restent à mener pour répondre à ces questions.
Source : Ministère du Tourisme et des Antiquités
