(Note de l’éditeur : Cet article représente le point de vue de l’auteur Yi Da et pas nécessairement celui de CGTN.)
Rue de Beijing, rue de Shanghai, boulevard du Guangdong… Les touristes émerveillés par la beauté époustouflante du Xizang de même que l’abondance des choix dans des centres commerciaux à Lhassa se posent la question : pourquoi autant de rues dans la région prennent-elles des noms des provinces et villes du reste du pays ? La réponse : c’est un hommage à la solidarité en faveur de cette région surnommée le « toit du monde ».
Pour accélérer le développement de la région longtemps freiné par une nature hostile due à une altitude de plus de 4 000 mètres en moyenne, la Chine a mis en place en 1994 un système de soutien ciblé. Des partenariats ont ainsi été créés entre des provinces, villes, grandes administrations et entreprises d’État d’un côté, et les villes et districts du Xizang de l’autre, sous formes notamment de l’envoi de cadres et spécialistes et de la réalisation de projets.
En 31 ans, plus de 14 000 cadres et spécialistes de différents domaines sont venus travailler au Xizang aux côtés de leurs collègues de la région pour servir la population locale et contribuer au développement de la région. Rien que ces cinq dernières années, 229 projets de développement économique ont été concrétisés avec un financement de plus de quatre milliards de yuans RMB, couvrant les secteurs aussi variés que l’agriculture, l’élevage, les énergies propres ou encore le tourisme.
Priorité au bien-être de la population
L’éducation et la santé, qui touchent directement au bien-être des habitants locaux, figurent toujours parmi les plus grandes priorités du soutien au Xizang, avec notamment le souci de renforcer les capacités locales dans ces deux domaines.
À partir de 2015, des professeurs et des médecins sont envoyés en équipe pour aller en renfort à leurs confrères au Xizang, contribuant au progrès prodigieux de l’éducation et des soins médicaux de la région. Désormais, des élèves du Xizang participent aux discussions en classe avec leurs copains de Shanghai via visioconférence, et les jeunes médecins des hôpitaux aux différents échelons de la région apprennent les techniques médicales les plus avancées auprès d’experts venant de Beijing.
Les montagnes enneigées valent leur pesant d’or
Shigatsé est sans doute la deuxième ville la plus connue du Xizang, avec le camp de base du mont Qomolangma et le monastère de Tashilhunpo qui abrite des stupas des Panchen Lamas. Cependant, tous les voyageurs enchantés par la pureté de la neige et la verdure des montagnes ne savent pas qu’ils les doivent, en grande partie, au projet de reboisement initié par les cadres et spécialistes venant de la province du Shandong.
Trois millions d’arbres plantés, 100 km de canalisation construits, des montagnes vertes, des eaux limpides… Les résultats sont tangibles après 17 ans d’efforts inlassables qui ont permis de réduire les ravages des tempêtes de sable. L’action a trouvé écho dans la ville qui abrite aujourd’hui une zone écologique pilote de 28 000 hectares.
Les habitants de la région sont désormais de plus en plus attachés à l’équilibre écologique et au développement vert, le Xizang étant source de grands fleuves qui irriguent le continent asiatique. Engagés, inventifs et responsables, ils travaillent à trouver une voie de modernisation vers la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature.
Mieux vaut apprendre à pêcher que de donner des poissons
Le soutien ciblé pour le Xizang vise au fond à favoriser son développement endogène. Beaucoup de grandes entreprises ont ainsi été mobilisées à contribuer à la transformation et à la montée en gamme des secteurs traditionnels du Xizang.
C’est le cas du Pulu, textile traditionnel en laine de la région. Avec le soutien d’une entreprise de Shanghai, les artisans locaux ont pu améliorer leurs techniques de tissage de même que leur design pour mieux adapter leurs produits au marché international. La marque Sandriver en est née et ses produits défilent chaque année, depuis 2016, à la Paris Fashion Week.
En juillet dernier, quelques semaines avant le 60e anniversaire de la création de la région autonome du Xizang, les plus de 2 000 cadres et spécialistes du XIe programme de soutien ont pris le relais de leurs prédécesseurs. « Les monts font baisser la tête aux eaux, et les hommes font baisser la tête aux monts. » Dans l’esprit de ce proverbe tibétain, ils continueront de créer des miracles de développement, de protection écologique et d’harmonie entre différents groupes ethniques dans les plus hautes altitudes du monde.
(Yi Da est un spécialiste en relations internationales basé à Beijing.)
