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L’évènement relatif au « Récit national pour le développement économique » de l’Egypte s’est déroulé dimanche 7 septembre par le gouvernement égyptien. Outil de communication stratégique, il s’agit d’un message médiatique destiné à rassurer les marchés, les partenaires internationaux et, surtout, à réaffirmer le contrôle du pays sur son récit économique.
Nombreux sont les messages qui ont été adressés lors de cet événement, notamment vis-à-vis de la redéfinition de la crédibilité extérieure, de l’ancrage de la confiance intérieure ainsi que de la relation avec le Fond Monétaire International (FMI).
L’Egypte est en accord de 46 mois avec le FMI, qui fournit au pays 8 milliards de dollars. En contrepartie, plusieurs mesures doivent être implémentées, dont la dévaluation graduelle de la livre et la hausse des prix des carburants et de l’électricité. Accorder un rôle plus grand au secteur privé est également au programme, lequel se terminera en novembre 2026. A cet égard, une question se pose : l’Egypte doit-elle continuer à entreprendre ses réformes sous l’égide du FMI ou dessiner son propre parcours ?
Le discours dominant a tenté de contrer le récit des agences de notation, dépeignant l’Egypte comme un pays en crise de liquidités. En présentant un plan d’action crédible et des chiffres ciblés, l’objectif est de regagner la confiance des investisseurs en quête de stabilité.
Lors de l’événement, le gouvernement a voulu démontrer que les réformes structurelles, bien que douloureuses, sont en bonne voie.
Le gouvernement a mis en avant la diversification de ses sources de financement et la croissance des recettes en devises étrangères. Les données du FMI et de la Banque Centrale d’Egypte (BCE) indiquent une augmentation des entrées de devises, notamment grâce à la vente d’actifs et à des investissements directs étrangers (IDE).
Le gouvernement s’est donc efforcé d’assurer la solidité de ses fondamentaux économiques, en insistant sur la croissance du PIB réel et la résilience de secteurs non pétroliers comme la construction et le tourisme.
L’objectif est donc de transformer ces réformes en un cadre cohérent, sous l’égide de la « Vision 2030 » de l’Égypte, en fixant des objectifs ambitieux pour le secteur privé.
Un autre message important est celui qui cible le citoyen égyptien. Il fallait surtout justifier les sacrifices imposés par l’inflation et la dévaluation de la livre égyptienne. Il est temps que ce citoyen ressente que les projets d’envergure, tels que le nouveau projet de développement de la zone du canal de Suez, et aujourd’hui l’annonce de « Marassi Red Sea », vont apporter leurs fruits.
Ces projets sont ainsi présentés comme une source de création d’emplois. De plus, le gouvernement a expliqué vouloir transformer la perception du coût de la vie en une « taxe » sur le développement futur.
Mais c’est surtout l’annonce du lancement du « Marassi Red Sea » qui est un véritable outil de diplomatie économique.
Ce projet d’un investissement de 900 milliards de livres égyptiennes est une démonstration de force qui apparaît à un moment clé.
Alors qu’Israël joue la carte de revenir sur l’accord d’exportation de gaz vers l’Egypte et alors que le FMI a reporté sa révision et le versement de la tranche du prêt, le message est clair.
Le pays se montre capable d’attirer un géant comme Emaar, un poids lourd émirati. Il s’agit d’un signal fort envoyé aux investisseurs du Golfe, qui ont un rôle crucial dans le soutien de l’économie égyptienne par le biais de dépôts et d’investissements stratégiques.
La transaction de Ras Al-Hikma, d’une valeur de 35 milliards de dollars, signée en février 2024 avec le fonds souverain émirati ADQ, est un précédent majeur.
Ce type d’investissement a contribué à une forte augmentation des actifs extérieurs nets de l’Egypte, qui ont atteint un record de 18,5 milliards de dollars en juillet 2025.
Et ce n’est pas tout. L’investissement émirati massif est perçu comme un soutien politique et économique des pays du Golfe pour la stabilité de l’Egypte. Un partenariat qui illustre une stratégie de diversification des sources de financement, cherchant à réduire la dépendance vis-à-vis des conditions strictes des institutions financières internationales.
Le gouvernement a également évoqué la mise en place d’un « Comité de gestion de la dette ».
Une tentative de rassurer ces institutions de la mise en place de mécanismes plus transparents et efficaces.
Aujourd’hui, le gouvernement cherche à redéfinir la nature de sa dette, en distinguant la dette publique des dépôts des pays du Golfe à la Banque Centrale. Cette nuance vise à montrer que la situation est moins alarmante que ne le suggèrent les chiffres bruts de la dette.
Le FMI, dans son rapport de juillet 2025, a pointé un « gap de financement » de 5,8 milliards de dollars pour l’année fiscale 2025/2026. Cette situation justifie la nécessité pour l’Egypte d’obtenir de meilleurs termes de remboursement ou de nouvelles facilités de crédit.
Un message de résilience, une annonce de mégaprojets, l’Egypte tente de se repositionner en tant que partenaire stable et en croissance. Une stratégie qui devra absolument être associée à des actes aux résultats tangibles sur terrain.
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