Dans une interview accordé à la presse, vendredi 15 août, l’ambassadrice des Etats-Unis accréditée en RDC, Lucy Tamlyn, a souligné qu’à travers les sanctions américaines imposées aux groupes armées est un moyen de pression pour arrêter le financement de ces groupes, à travers la vente des minerais stratégiques. « Dans cette démarche le gouvernement américain réaffirme sa volonté à voir la paix se rétablir dans cette partie de la RDC, où des sociétés responsables vont travailler dans la légitimité, le respect de l’environnement et des travailleurs, ce pour donner un nouvel élan à l’économie de la sous-région”, a indiqué Lucy Tamlyn. Ci-dessous l’intégralité de l’interview.
Question/ Pourquoi des sanctions ciblées maintenant contre ces groupes armés pourquoi ne pas sanctionner le Rwanda directement, pays par lequel transite ces minerais ou le M23 groupe rebelle qui contrôle cette zone ?
Lucy Tamlyn : Cette activité est fait maintenant parce que nous voulons tenir responsable tous les acteurs qui agissent dans le secteur. Le M23 est sous les sanctions américaines depuis 2013. Et nous avons déjà exprimé clairement nos inquiétudes face à toutes les chaînes d’approvisionnement qui passe par le Rwanda dans une note publiée en 2024. Et si nous renforçons nos sanctions aujourd’hui, c’est parc que nous voulons soutenir le processus de paix et nous pensons que tenir responsable tous les groupes armés et toutes les sociétés c’est quelque chose qui va envoyer un message clair. Par ailleurs, nous avons toujours opté pour la diplomatie dans la perspective d’encourager tous les acteurs à la coopération. Toutefois, ce ne sont pas les dernières mesures de sanctions, nous commençons avec ceux dont nous avons des informations.
Q/Comment ces sanctions pourront affecter ces groupes armés ?
LT : Bien que les sanctions s’appliquent à des groupes armés qui sont dans des zones de conflits, je vous assure que ces actions ciblées impactent les acteurs qui agissent dans la criminalité. Tous les biens en rapport avec ces groupes ou entreprises qui sont aux Etats-Unis sont gelés, il y a aussi des sanctions secondaires. Parce que dans la chaîne d’approvisionnement, il y a les groupes armés, tels que Pareco-FF sous sanction, qui contrôlent les sites et les exploitent illégalement. Ils force les enfants à travailler sur leur site, et vendent aux coopératives et celles-ci le font passer aux sociétés.
Q/ Au-delà du gel des avoirs de ces sociétés et groupes armés quelles autres mesures contraignantes les Etats-Unis appliquent elles ?
LT : Comme je l’ai dit tantôt, à par le gel des avoirs, il existe également des sanctions secondaires. Toutes sociétés qui travaillent avec ces entités sanctionnées qui ont des comptes bancaires aux Etats-Unis ou des connexions avec le système bancaire américain sont sujets à des sanctions civiles. En d’autres termes des poursuites judiciaires sur des personnes en lien avec ces entités peuvent être engager.
Q/ Dans son communiqué le Département du Trésor américain souligne que les États-Unis imposent des sanctions à des groupes armés et à des acteurs de la chaîne d’approvisionnement qui exploitent les richesses minérales de la République démocratique du Congo par le travail forcé, la violence et l’instabilité. Aucune entité portant atteinte à la paix et à la sécurité en RDC n’est à l’abri de sanctions. Une telle déclaration ne donne-t-elle pas l’impression que les Etats-Unis se préoccupent plus des minerais en lieu et place de privilégier la paix ?
« Environnement propice aux peuples congolais »

LT : Nous travaillons étroitement avec le gouvernement congolais pour faciliter une paix durable entre la RDC et le Rwanda, voilà pourquoi nous avons faciliter les discussions à Washington qui ont aboutit à un Accord de paix signé le 27 juin dernier. Nous allons continuer dans ce sens, pour ouvrir le chemin à des sociétés responsables qui vont travailler dans la légitimité dans le respect de l’environnement, des travailleurs, ce qui va donner un nouvel élan à l’économie dans cette partie du pays particulièrement et dans la sous-région en général. Pour le gouvernement américain il est important de voir des sociétés légitimes dans l’espace minier, celles qui profitent au peuple congolais pour le moment les profits de ces sociétés échappent au gouvernement congolais et ne sont pas utilisés pour le bien être de la population.
Q/ L’administration Trump prône la transparence dans les affaires avec les congolais. A ce jour, quel est l’état des lieux de l’accord “minerais sécurité USA-RDC” ?
LT : Je pense que nous sommes sur le bon chemin, comme je l’ai dis on a signé l’Accord de paix et on a déjà eu une réunion avec les comités chargés du suivi de cet accord. Nous attendons avec impatience la prochaine réunion prévu à Doha entre la RDC et le groupe M23. Par rapport aux discussions nous avons également signé les principes de cadre économique régional qui selon nous va corriger la croissance économique dans la région tout en liant les économies de la région. Nous avons convaincu tous les acteurs de s’assoir autour d’une même table, de signer les accords de paix et des principes et on va continuer comme un partenaire fiable de la RDC à poursuivre cet accord de paix. Nous n’allons pas laisser tomber cette activité parce que nous pensons que le peuple congolais mérite une paix durable à l’est .
Q/ Concrètement que reste il pour que le deal minerais sécurité se concrétise après la signature de l’accord de paix ?
LT : Il y a encore des discussions par rapport au climat des affaires et doivent se poursuivre. Il faut ouvrir la voix aux sociétés américaines ou autres et nous avons à plusieurs reprises souligné l’amélioration du climat des affaires, d’où la continuité des discussions.
MTB
