La première édition du Forum médias Chine-République démocratique du Congo a débuté, hier mercredi 18 mars à Kinshasa. Organisée par l’Agence de presse Chine Nouvelle (Xinhua) et l’Agence Congolaise de presse (ACP), la rencontre s’est articulée autour du thème « Modernisation à la chinoise et voie de développement de la RDC ». Elle a pour objectif de transformer le récit national et international autour du partenariat sino-congolais, la mise en lumière de la contribution réelle et souvent méconnue des investissements chinois dans l’économie nationale, mais aussi le renforcement du réseau opérationnel entre l’ACP et Xinhua.
Dans son allocution de circonstance, l’ambassadeur de Chine en poste en RDC, Zhao Bin a réaffirmé la volonté de son pays à renforcer une coopération mutuellement entre les deux pays. « Aujourd’hui, les relations sino-congolaises sont sur un nouveau point de départ historique. Parce que la modernisation à la chinoise offrira beaucoup plus d’opportunités pour le développement et le redressement de la RDC. La Chine s’attèle à accroître la synergie entre sa propre modernisation et les besoins de développement de la partie congolaise. Elle s’apprête à renforcer sa coopération avec la partie congolaise dans des domaines clés tels que l’agriculture, le traitement des minéraux, les infrastructures, l’énergie propre, l’informatique, l’éducation intelligente, la santé publique, et à promouvoir le transfert de technologie et la formation en faveur de la RDC », a indiqué le chef de la délégation diplomatique chinoise.
Il a, par ailleurs, souligné le rôle crucial des medias dans cette cooperation. “Les médias constituent un pont important reliant les cœurs et les esprits des nos deux peuples et facilitant nos échanges mutuels. J’espère que les médias des deux pays pourront faire valoir encore davantage les fruits de notre coopération pragmatique, raconter plus d’histoire d’amitié entre nos deux peuples, renforcer la compréhension mutuelle et contribuer ainsi au développement vigoureux des relations sino-congolaises”.

Pour la partie congolaise, la consolidation du partenariat entre l’ACP et Xinhua marque les bases d’une coopération informationnel stratégique. « En consolidant la coopération entre l’Agence congolaise de presse et l’Agence Chine nouvelle, nous allons poser les bases d’un partenariat informationnel stratégique. Ce forum marque donc le point de départ de ce partenariat stratégique durable, un partenariat fondé sur le professionnalisme, la responsabilité et la recherche permanente de la vérité. Un partenariat qui contribue à la connaissance mutuelle de nos peuples, à la construction d’un dialogue international plus équilibré et à la découverte d’un espace où la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine seront maîtres de leur récit », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias.
Approfondissement du partage technologique
Dans son speech Ying Qiang, Directeur général du Bureau régional Afrique de l’Agence Chine nouvelle, a fait savoir que la mission de Xinhua est de faire des médias un véritable pont d’or entre les peuples congolais et chinois dans un monde saturé d’informations. Il souhaite ainsi que les deux agences approfondissent leur partage technologique, notamment sur les enjeux de transformation numérique et de l’intelligence artificielle qui bouleversent les rédactions.
Pour sa part, Bienvenu-Marie Bakumanya, le Directeur Général de l’Agence de presse congolaise, a salué la tenue dudit forum qui marque l’amitié renouvelée des deux agences de presse publiques. « Nous avons décidé de hisser notre collaboration vers de nouveaux horizons. Si notre amitié puise ses racines à l’époque des présidents Mobutu et Mao, sa formalisation moderne a trouvé un nouvel élan en septembre 2023, sous la vision de leurs Excellences Félix-Antoine Tshisekedi et Xi Jinping. C’est cette dynamique renouvelée qui nous permet aujourd’hui d’organiser ce premier Forum médias Chine-RDC. Nous espérons qu’il y aura un deuxième », a déclaré Bienvenu-Marie Bakumanya,
Les différents panelistes qui se sont succédé durant la première journée de ce forum, ont dans leurs interventions, noté le besoin de l’expertise chinoise dans différents domaines pour un développement stable de la RDC. Daniel Mukoko, vice-Premier ministre, ministre de l’Économie lors de son intervention, a rappelé l’urgence pour la RDC de diversifié son économie, en propulsant le développement de filières agro-industrielles et la Chine à travers son expertise est un partenaire de taille sur cette voie.
La Chine un modèle d’expertise
Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa a, dans ses propos, souligné les méfaits de la corruption dans un pays et noté que c’est un poison contre lequel il faut lutter. « Elle fragilise nos institutions, ralentit le développement du pays, fausse la règle de l’économie et plus grave encore, elle ronge la confiance des citoyens, comme celle des investisseurs envers l’État », a indiqué le ministre. C’est en sachant cela que les dirigeants du Parti Communiste Chinois (PCC) ont toujours lutté contre ces pratiques pour une élévation plus noble de la nation chinoise et la prospérité du peuple.
Sur le partenariat Chine-RDC, Li Sheng, Directeur général Adjoint de Crec Resources, PCA de Sicomines s’est penché sur les différentes réalisations de la Sicomines. Il s’agit entre autres des axes routiers majeurs : la rocade de Kinshasa, la route nationale No1 (RN1) et la route Kananga–Kalamba Mbuji. La Centrale hydroélectrique de Busanga, avec une capacité 240 MW. La formation professionnelle et la création massive des emplois locaux au moins 20000 emplois ont été créés.
L’ancien patron de l’IGF, Jules Alingete est également revenu sur les fléaux que gangrène la corruption et appelé à intensifier la lutte contre la corruption. Parlant des négociations du contrat « minerais contre infrastructures », l’orateur a indiqué que l’enveloppe dédiée aux infrastructures est passée d’environ 800 millions à quelque 7 milliards de dollars, une évolution saluée comme le fruit de l’ouverture, transformant ces accords en un modèle de partenariat « gagnant-gagnant ». En effet, 80% des projets d’infrastructures réalisés où en cours de réalisation sont réalisés par la Sicomines.
MTB
